L'association entre pollution et démence s'expliquerait par des maladies cardiovasculaires

Publié le jeudi 2 avril 2020
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APM news

WASHINGTON, 1er avril 2020 (APMnews) - L'association entre l'exposition au long cours à la pollution de l'air et la survenue d'une démence semble s'expliquer par la présence ou le développement d'une maladie cardiovasculaire, suggère une étude suédoise publiée dans JAMA Neurology.

De récentes études suggèrent que la pollution atmosphérique est associée à un risque accru de démence. Comme de nombreuses études ont identifié cette pollution comme un facteur de risque cardiovasculaire, il est plausible que les maladies cardiovasculaires puissent jouer un rôle dans l'association entre pollution et démence, indiquent Giulia Grande de l'université de Stockholm et ses collègues.

Pour explorer cette hypothèse, ils ont utilisé les données d'une cohorte en cours en Suède (cohorte SNAC-K), une étude de population longitudinale qui a inclus initialement, entre 2001 et 2004, 5.111 personnes de 60 ans et plus vivant à domicile ou en institution dans un district de Stockholm.

L'analyse a porté sur 3.363 d'entre elles dont 2.927 n'avaient pas de démence lors de l'examen d'entrée (74,1 ans en moyenne, 63% de femmes). Elles ont été suivies jusqu'en 2013, sur 6 ans en moyenne, et 364 ont développé une démence.

En parallèle, les chercheurs ont évalué les taux annuels dans l'atmosphère de deux polluants majeurs, les particules ultrafines de diamètre inférieur à 2,5 µ et les oxydes d'azote, à partir de 1990, au niveau des adresses de résidence des participants.

L'analyse des données indique que le risque de démence est associé au niveau de pollution, avec un risque de 1,54 pour chaque gain de 0,88 µg/m3 de PM2,5 et de 1,14 pour chaque gain de 8,35 µg/m3 d'oxydes d'azote, à l'adresse de résidence, au cours des cinq années précédant la survenue de la démence.

En revanche, l'association n'était plus significative entre la démence et la pollution 6 à 11 ans avant.Dans les analyses stratifiées sur les maladies cardiovasculaires, il apparaît que le risque de démence associé aux polluants est plus élevé chez les personnes qui ont une insuffisance cardiaque (HR de 1,38 pour les PM2,5 et 1,35 pour les oxydes d'azote) ou une maladie cardiaque ischémique dans une moindre mesure (HR de respectivement 1,13 et 1,22).

En tenant compte des maladies cardiovasculaires des participants à l'inclusion, les chercheurs ont calculé que la moitié de l'association entre démence et PM2,5 s'expliquait par des antécédents d'AVC. Un taux plus élevé de PM2,5 était associé à une hausse de 26% du risque d'AVC, lui-même étant associé à un risque de démence multiplié par 3,8.

Ces données confirment que l'exposition à des polluants de l'air est associée à un risque de démence et que la présence de maladies cardiovasculaires semble amplifier ce risque. L'insuffisance cardiaque et la maladie cardiaque ischémique semblent augmenter le risque de démence tandis que les AVC semblent être un intermédiaire entre la pollution et la démence, concluent les chercheurs.

Source: APMnews

 

Mots clés: Facteurs de risque Facteurs de risque

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