L'Académie de médecine prône une meilleure organisation pour l'insuffisance cardiaque et la greffe cardiaque

Publié le jeudi 26 novembre 2020
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APM news

PARIS, 20 novembre 2020 (APMnews) - L'Académie de médecine prône une structuration de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque ainsi qu'une organisation au niveau national de l'activité de greffe cardiaque, dans un rapport rendu public vendredi.

Un groupe de travail piloté par les académiciens Iradj Gandjbakhch et Michel Komajda a rendu ce rapport sur "La transplantation cardiaque chez l'adulte", qui élargit le sujet à l'insuffisance cardiaque, pathologie dont la greffe est le traitement de référence pour les formes les plus graves.

Il est rappelé que 22 centres en France ont une autorisation de greffe cardiaque chez l'adulte et qu'il existe au moins un centre par région. Il y a eu ces dernières années entre 425 et 477 greffes cardiaques par an.

Il y a une inadéquation entre les nombres de donneurs et de receveurs, avec un nombre de candidats nouvellement inscrits sur liste d'attente qui oscille selon les années entre 573 et 627, "ce qui excède le nombre de greffons disponibles". En conséquence, certains patients décèdent avant de pouvoir être greffés; d'autres bénéficient d'une assistance circulatoire mécanique.

Autoriser les prélèvements de coeur sur donneurs Maastricht III

Afin d'augmenter le nombre de prélèvements, il est proposé d'autoriser les prélèvements de coeur sur les donneurs de la catégorie III dans la classification de Maastricht. Alors que cette pratique est autorisée pour d’autres organes (reins, foie, poumons), elle ne l'est pas en France pour le coeur. Or, cela se fait en Australie et au Royaume-Uni, "permettant des transplantations avec de bons résultats".

Les auteurs du rapport estiment également souhaitable de faire évoluer le régime des autorisations de greffe cardiaque vers un schéma national d’organisation des soins (SNOS) à la place des schémas interrégionaux (SIOS).

Et ils recommandent de "décider des renouvellements d’autorisation de greffe cardiaque en s’appuyant sur les résultats des équipes en termes qualitatifs et quantitatifs".

Structurer la prise en charge de l'insuffisance cardiaque en 3 niveaux

Concernant la prise en charge de l'insuffisance cardiaque, ils proposent de la structurer dans chaque région, "avec une gradation des soins en plusieurs niveaux permettant de mieux organiser l’accès des patients aux centres de transplantation et d’assistance".

Cette recommandation résulte de l'observation que l’accès aux thérapeutiques de type assistance et transplantation n’est pas homogène sur le territoire. En conséquence, "de trop nombreux patients ne sont pas adressés aux centres de compétence pouvant permettre ces thérapeutiques" et soit ils finissent par décéder dans des centres périphériques, soit ils sont "référés trop tard".

Il faut "mettre en place des suivis personnalisés" permettant l’identification précoce des patients devant être référés aux centres d’assistance et de transplantation et leur prise en charge rapide.

Ils proposent d’établir "une gradation en trois niveaux de la prise en charge de l’insuffisance cardiaque".

Sans donner de précisions sur les caractéristiques des 3 niveaux, ils estiment que cela permettrait de "recentrer chaque type de service sur sa valeur ajoutée maximale", et notamment recentrer les centres de transplantation et d’assistance sur les actes techniques.

D'un côté, cela permettrait d'organiser l’accès des patients présentant un haut degré de risque aux filières de transplantation et d’assistance et ce sur l’ensemble du territoire. De l'autre côté, les patients en phase de stabilité pourraient avoir un suivi trimestriel ou semestriel "en dehors des centres lourds".

"Cette gradation des soins s’inscrit pleinement dans la logique des groupements hospitaliers de territoire (GHT) et plus globalement dans les préconisations de la stratégie 'Ma santé 2022'."

Les nouveaux outils numériques (télémédecine, dossiers uniques) devraient aider à renforcer les liens entre centres lourds et établissements "moins aguerris" dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque.

Cela devrait s’accompagner du développement d’équipes mobiles d’assistance afin de prendre en charge les patients trop fragiles pour être transportés et qui nécessitent la pose en urgence d’assistances. Ce qui "implique toutefois une réflexion sur leur financement, pouvant intervenir sous la forme de crédits de mission d’intérêt général".

Source : APMnews

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