Intérêt à long terme de l'angioscanner pour réduire le risque d'infarctus chez des patients souffrant d'angor stable

Mis à jour le mardi 28 août 2018
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Congrès de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) 2018

MUNICH, WASHINGTON, 27 août 2018 (APMnews) - Un angioscanner réalisé en complément d'une prise en charge standard chez des patients souffrant d'angor stable a permis de réduire de 41% le taux de décès par maladie coronaire et d'infarctus du myocarde non fatal à 5 ans, dans un essai randomisé présenté samedi au congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC 2018) à Munich et publié dans The New England Journal of Medicine (NEJM).

L'angiographie par tomodensitométrie (angioscanner) est de plus en plus utilisée pour améliorer le diagnostic de maladie coronaire chez des patients présentant un angor stable, mais les effets cliniques à long terme de cette intervention ne sont pas connus, soulignent David Newby de l'université d'Edimbourg et ses collègues.

Dans l'essai en ouvert SCOT-HEART, ils ont eu pour objectif d'évaluer les effets cliniques à 5 ans de l'angioscanner, réalisé en complément d'une prise en charge standard chez des patients souffrant d'angor stable.

Ils ont pour cela randomisé à parts égales 4.146 patients souffrant d'angor stable entre une prise en charge standard assortie d'un angioscanner, et une prise en charge standard seule. Le critère primaire d'évaluation était le taux de décès par maladie coronaire ou de survenue d'un infarctus du myocarde non fatal, à 5 ans de suivi.

La durée médiane de suivi a été de 4,8 ans, soit un total de 20.254 patients-années.

A 5 ans, le taux de décès par maladie coronaire et d'infarctus du myocarde non létal était de 2,3% (48 patients sur 2.073) dans le groupe de patients ayant bénéficié d'un angioscanner, contre 3,9% (81/2.073) chez ceux n'ayant reçu qu'une prise en charge standard. Le risque de décès par maladie coronaire et d'infarctus du myocarde non létal à 5 ans était significativement réduit de 41% en cas de réalisation d'un angioscanner.

Au cours des premiers mois de suivi, la fréquence des angiographies coronaires invasives et des revascularisations coronaires était plus élevée chez les patients ayant bénéficié d'un angioscanner que chez les patients contrôles, mais sur l'ensemble des 5 ans de suivi, il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes. Une angiographie coronaire invasive a ainsi concerné 491 patients du bras angioscanner contre 502 patients du bras contrôle, tandis qu'une revascularisation coronaire a été réalisée chez respectivement 279 et 267 patients.
Davantage de thérapies préventives ont été initiées dans le groupe angioscanner (19,4% des patients), avec un odds ratio (valeur approchant celle du risque relatif) significativement augmenté de 40% par rapport au groupe contrôle (14,7% des patients). De plus, les patients du bras angioscanner étaient 13,2% à avoir bénéficié d'un traitement anti-angoreux contre 10,7% dans le groupe contrôle, soit un odds ratio significativement augmenté de 27%.

Il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes en termes de mortalité cardiovasculaire ou non cardiovasculaire ainsi qu'en termes de mortalité toutes causes confondues.

"Dans cet essai, le fait de recourir à un angioscanner en complément d'une prise en charge standard, chez des patients souffrant d'angor stable, a conduit à un taux significativement plus faible de décès par maladie coronaire et d'infarctus du myocarde non fatal à 5 ans, par rapport à ce qui est observé dans le cas d'une prise en charge standard seule", résument les auteurs. Et "ces bénéfices ont été obtenus sans augmentation à long terme de la fréquence des angiographies coronaires invasives et des revascularisations coronaires".

(NEJM, publication en ligne du 25 août)

Source : APM International

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Mots clés: Imagerie Imagerie , Thrombose Thrombose

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1 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire

Adrien PASTEUR-ROUSSEAU jeudi 16 mai 2019, 11:02

L'intérêt du Coroscanner précoce est probablement la mise en place tout aussi précoce de thérapeutiques préventives comme les traitements hypolipémiants /- antiagrégants et la réalisation si besoin d'un test d'ischémie localisateur voire d'une coronarographie si besoin.