Insuffisance cardiaque : mesurer la fibrose myocardique permet de savoir quels patients bénéficient d'un défibrillateur implantable

Publié le jeudi 3 mars 2022
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APM news

WASHINGTON, 2 mars 2022 (APMnews) - Mesurer la fibrose myocardique chez les insuffisants cardiaques pourrait permettre d'identifier ceux qui sont réellement à haut risque d'arythmie ventriculaire et de mort subite et ainsi de sélectionner à quels patients implanter un défibrillateur, suggère une étude britannique publiée par le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

Des essais randomisés ont montré le bénéfice de l'implantation d'un défibrillateur en prévention primaire chez les patients ayant une insuffisance cardiaque avec une fraction d'éjection inférieure à 35%. Néanmoins, seule une minorité de patients auront un choc durant le suivi, et auront donc réellement bénéficié de l'implantation du dispositif. Il serait intéressant de pouvoir identifier ces patients, et parallèlement d'éviter l'implantation à ceux qui n'en tireront pas de bénéfice.

Mais jusqu'à présent, on ne disposait pas de marqueur permettant d'identifier les patients nécessitant réellement un défibrillateur.

Francisco Leyva de l'université Aston à Birmingham et ses collègues se sont intéressés à la présence d'une fibrose myocardique, dont il a été montré qu'elle était associée à un risque d'arythmie ventriculaire.

Ils ont étudié l'intérêt de ce marqueur dans une cohorte de 700 patients chez qui a été implanté un dispositif électronique (appareil de resynchronisation cardiaque et/ou de défibrillation).

Ces patients avaient une fraction d'éjection en moyenne à 28% -mais chez près d'un quart elle était supérieure à 35%. Par ailleurs, chez 69,3% d'entre eux, une fibrose myocardique était visible.

Durant les près de sept ans de suivi médian, 3,8% des patients ont eu une mort subite cardiaque et 17,3% ont eu un événement arythmique (mort subite ou arythmie ventriculaire).

La présence d'une fibrose myocardique multipliait par 26 la probabilité de mort subite cardiaque et, à l'inverse, il n'y a eu aucune mort subite cardiaque chez les patients sans fibrose myocardique. De même, cela multipliait par 20 la probabilité d'événement arythmique, et à l'inverse, en absence de fibrose, le risque d'événement était très faible (valeur prédictive négative de 98,6%).

Les chercheurs ont encore amélioré la prédiction en mesurant la masse de la zone grise de fibrose. Cela a permis de séparer des patients chez qui cette zone était importante et qui avaient un risque de mort subite multiplié par 44 et un risque d'événement arythmique multiplié par 30.

Ceux dont la zone grise de fibrose était plus modeste avaient un risque de mort subite cardiaque multiplié par 15 et un risque d'événement arythmique multiplié par 14.

Les auteurs notent qu'à l'inverse, la mesure de la fraction d'éjection ne permettait pas de sélectionner les patients à risque.

Ces résultats suggèrent qu'il serait utile de mesurer la fibrose myocardique pour sélectionner les patients candidats à un défibrillateur implantable. Ce qui devra être confirmé dans des essais cliniques randomisés.

Source: APMnews

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