Infarctus ST+ : la mortalité à 30 jours accrue chez les patients sans facteur de risque cardiovasculaire modifiable

Publié le mardi 23 mars 2021
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LONDRES, 17 mars 2021 (APMnews) - L’absence de facteur de risque cardiovasculaire modifiable chez les patients souffrant d’un infarctus du myocarde avec élévation du segment ST est associée à un risque accru de mortalité toutes causes à 30 jours, en particulier chez les femmes, ce qui pourrait être lié à une prévention secondaire sous-optimale, selon une étude menée par des chercheurs français, australiens et suédois et publiée dans The Lancet.

Si la prévention des maladies cardiovasculaires chez les patients présentant des facteurs de risque cardiovasculaires modifiables tels que l’hypertension, le diabète, l’hypercholestérolémie et le tabagisme est cruciale, l’apparition d’un infarctus du myocarde chez des patients sans aucun facteur de risque n’est pas rare. Les caractéristiques de ces patients ne sont toutefois pas bien connues.

En utilisant le registre des infarctus du myocarde SWEDHEART, Gemma Figtree du Royal North Shore Hospital à Sydney et ses collègues ont analysé rétrospectivement les données de 62.048 patients adultes (32,9% de femmes) admis dans une unité de soins cardiologiques suédoise pour un infarctus du myocarde avec élévation du segment ST (STEMI).

Sur l’ensemble de ces patients suivis en médiane pendant 4,9 ans (maximum 12 ans), 14,9% ne présentaient aucun facteur de risque modifiable avant ou pendant leur hospitalisation.

Globalement, 30 jours après l’infarctus, la mortalité toutes causes était significativement plus élevée chez les patients sans facteur de risque (11,3%) en comparaison des patients avec facteur de risque (7,9%), soit un risque accru de 47%. Cette différence était portée par la mortalité cardiovasculaire, précisent les auteurs.

Si l’augmentation relative du risque de mortalité toutes causes en l’absence de facteur modifiable était similaire chez les hommes (+56%) et chez les femmes (+63%), celles-ci présentaient un taux de mortalité presque doublé par rapport aux hommes. Ainsi, les femmes sans facteur de risque modifiable avaient le taux de mortalité à 30 jours le plus élevé (17,6%), suivies des femmes avec facteur de risque (11,1%), des hommes sans facteur de risque (9,3%) et enfin des hommes avec facteur de risque (6,1%).

Une analyse centrée sur la phase intra-hospitalière montre que dès cette phase il y avait une différence: les patients sans facteur de risque modifiable avaient une mortalité significativement plus élevée (9,6%) que les patients présentant au moins un facteur (6,5%).

La prévention cardiovasculaire secondaire en cause

Après ajustement sur l’âge, le sexe, la fraction d’éjection ventriculaire gauche, la créatinine et la pression artérielle, l’augmentation du risque de mortalité toutes causes à 30 jours chez les patients sans facteur de risque modifiable restait significative. Cependant, ce risque était atténué lorsque les prescriptions pharmacologiques à la sortie de l’hôpital (IEC ou ARA2, β-bloquant ou statine) étaient prises en compte.

Les auteurs notent qu’alors que la fréquence des interventions coronaires percutanées était similaire que les patients présentent ou non un facteur de risque modifiable, à la sortie de l’hôpital les patients sans facteur de risque recevaient significativement moins de statine (85% contre 88,5% des patients avec facteur de risque), d’IEC/ARA2 (75,2% contre 82%) ou de β-bloquant (88,7% contre 91%).

Ces disparités étaient plus importantes chez les femmes: 69% contre 78,4% recevaient un IEC/ARA2 et 85,2% contre 89,9% recevaient un β-bloquant.

Les auteurs concluent en soulignant la nécessité d’introduire au plus tôt les traitements qui ont montré leur efficacité après un infarctus et ce, quel que soit le niveau de risque mesuré.

Ils soulignent la nécessité d’éduquer et de sensibiliser au fait qu'un faible risque de développer une athérosclérose ne semble pas être synonyme de faible risque de décès ou d'événements athérosclérotiques après un infarctus du myocarde, et que les femmes sans facteur de risque modifiable sont les plus exposées au risque de mortalité dans les 30 premiers jours suivant un STEMI.

Ils estiment enfin que l’identification de biomarqueurs capables de distinguer de manière plus fiable les patients présentant le risque le plus élevé de développer des maladies cardiovasculaires avant la survenue de celles-ci est nécessaire.

Source: APMnews

Mots clés: Facteurs de risque Facteurs de risque

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