Fibrillation atriale : les anti-arythmiques associés à un risque accru de chute et de syncope chez les seniors

Publié le lundi 29 juillet 2019
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WASHINGTON, 29 juillet 2019 (APMnews) - Les traitements des troubles du rythme cardiaque sont associés à un risque accru de chute et de syncope chez les personnes âgées traitées pour une fibrillation atriale, selon une étude danoise publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society (JAGS).

Chez les personnes âgées, les pertes de connaissances et les chutes peuvent avoir des conséquences graves, comme des blessures et des fractures nécessitant une hospitalisation, et favoriser une perte d'autonomie, rappelle la société savante dans un communiqué diffusé vendredi.

La fibrillation atriale, concernant entre 3% et 5% des plus de 65 ans, peut être une source de chutes et de syncopes mais les médicaments prescrits pour traiter ce trouble du rythme cardiaque pourraient aussi favoriser syncopes et chutes.

Pour mieux évaluer ce risque potentiel, le Dr Frederik Dalgaard de l'hôpital universitaire de Copenhague et ses collègues ont mené une étude de cohorte rétrospective à partir de bases de données administratives nationales sur 2000-2015.

Ils ont analysé les données de 100.935 patients de 65 ans et plus recevant des médicaments anti-arythmiques en traitement d'une fibrillation atriale, soit des médicaments qu'ils classent comme ralentissant la fréquence cardiaque (les bêtabloquants ou anti-arythmiques de classe II, les inhibiteurs calciques ou anti-arythmiques de classe IV et la digoxine) soit des anti-arythmiques proprement dits (amiodarone ou classe III et anti-arythmiques de classe Ic).

Ces patients avaient 78 ans en médiane (72 à 84 ans) et 53% étaient des femmes. Au cours d'un suivi médian de 2,1 ans, 17% ont eu des blessures consécutives à une chute (des fractures principalement), 5,7% une syncope et 20,9% l'un ou l'autre.

La majorité des patients recevaient un seul médicament ralentissant la fréquence cardiaque (76,9%) et 17,4% en recevaient deux; 3,4% avaient un seul anti-arythmique proprement dit et 2,3% avaient une combinaison des deux groupes de médicaments.

L'analyse ajustée des données indique que le rapport des taux d'incidence (IRR) des syncopes et des blessures par chute est significativement accru sur le plan statistique chez les patients traités par anti-arythmiques, de 1,29 pour les monothérapies et de 1,36 lorsqu'un anti-arythmique est en association par rapport à ceux prenant uniquement un médicament qui ralentit la fréquence cardiaque.

En examinant chaque classe séparément, les chercheurs montrent que finalement, seule l'amiodarone est associée de manière significative à une hausse du risque combiné de syncopes et de blessures par chute, en monothérapie ou en combinaison avec un médicament qui ralentit la fréquence cardiaque (IRR de 1,4).

L'amiodarone seule ou en association semble aussi augmenter les risques de syncopes et de blessures par chute séparément.

Parmi les médicaments qui ralentissent la fréquence cardiaque, il apparaît que l'association d'un bêtabloquant et d'un agent de classe IV est aussi associée de manière significative à un risque accru de syncope uniquement (IRR de 1,31).

Les chercheurs mettent aussi en évidence que le risque de syncopes et de blessures par chutes augmente au cours des trois premiers mois de traitement, en particulier au cours des 14 premiers jours de traitement avec un anti-arythmique.

Dans un éditorial, le Dr Michael Rich de la Washington University School of Medicine estime que ces résultats poussent à s'interroger sur l'intérêt de continuer à traiter la fibrillation atriale en restaurant et maintenant le rythme sinusal (

Bien que cette stratégie thérapeutique paraisse évidente, de nombreuses études n'ont pas démontré sa supériorité sur celle qui vise à contrôler la réponse ventriculaire (rate control), rappelle-t-il.

Cette étude danoise apporte de nouveaux éléments en faveur de la stratégie du rate control et des recommandations de prise en charge dans lesquelles l'amiodarone est déconseillée en première ligne en raison de sa toxicité, conclut-il.

Source : APMnews

Mots clés: Médicament Médicament

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