Durabilité améliorée pour la valve aortique percutanée Sapien 3* par rapport à Sapien XT*

Publié le jeudi 22 octobre 2020
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APM news

WASHINGTON, 21 octobre 2020 (APMnews) - La valve aortique percutanée Sapien 3* (Edwards Lifesciences) présente un taux de détérioration structurelle à 5 ans similaire aux valves chirurgicales, alors que les valves aortiques percutanées de seconde génération Sapien XT* avec ballonnet expansible ont une durabilité moindre, selon une étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

Philippe Pibarot de l’université Laval à Québec et ses collègues ont souhaité étudier la durabilité de la valve aortique percutanée de deuxième génération avec ballonnet expansible Sapien XT* (Edwards Lifesciences) et de la valve aortique percutanée de troisième génération Sapien 3*, en comparaison des valves aortiques chirurgicales.

Ils ont utilisé les données de l’étude randomisée PARTNER 2A et du registre SAPIEN 3.

Dans ces 2 études prospectives multicentriques, les patients présentant une sténose aortique symptomatique sévère et jugés à risque chirurgical intermédiaire de mortalité à 30 jours recevaient, pour les premiers, soit une valve aortique percutanée Sapien XT*, soit une valve chirurgicale, quand les seconds recevaient tous la valve aortique percutanée Sapien 3*.

Au total, 1.438 patients de l’étude randomisée PARTNER 2A ont été inclus dans l’étude ainsi que 891 patients du registre SAPIEN 3 qui ont été appariés par un score de propension à une cohorte de patients ayant reçu une valve chirurgicale.

Le critère principal était l’incidence des détériorations structurelles de la valve (DSV) définies par une altération de l’hémodynamisme valvulaire (à un stade modéré ou sévère) durant le suivi électrocardiographique et/ou une insuffisance de la bioprothèse valvulaire liée à une détérioration structurelle à 5 ans.

Après ajustement, les patients ayant bénéficié de la valve Sapien XT* présentaient une durabilité valvulaire plus faible que celle des valves chirurgicales: l’incidence des DSV était près de 3 fois plus élevée avec une incidence de 1,61 pour 100 patients-années à 5 ans, contre 0,63 pour 100 patients-années pour les valves chirurgicales.

Les incidences des insuffisances de bioprothèses associées à la détérioration de celles-ci et toutes causes (structurelle ou non) étaient aussi plus élevées dans le groupe Sapien XT* avec respectivement 0,58 et 0,81 pour 100 patients-années à 5 ans contre respectivement 0,12 et 0,27 pour 100 patients-années pour les valves chirurgicales.

Concernant la valve Sapien 3*, les taux de DSV, d’insuffisance de la bioprothèse liée à sa détérioration et toutes causes à 5 ans n’étaient pas statistiquement différents chez les patients implantés d’une valve Sapien 3* (0,68, 0,29 et 0,60 pour 100 patients-années respectivement) et chez les patients ayant reçu une valve aortique chirurgicale (0,60, 0,14 et 0,32 pour 100 patients-années respectivement).

Les auteurs soulignent toutefois qu’après application de la méthode de pondération par probabilité inverse, le taux d’incidence de l’insuffisance de la bioprothèse toutes causes était significativement plus important avec la valve Sapien 3* (0,5 pour 100 patients-années) qu’avec la chirurgie (0,21 pour 100 patients-années).

En outre, si dans le groupe Sapien XT*, la DSV était la principale cause d’insuffisance de la bioprothèse, ce n’était pas le cas dans les groupes Sapien 3* (32% des cas) et chirurgical (37,5% des cas). Dans le groupe Sapien 3*, la principale cause d’insuffisance de la bioprothèse était la régurgitation paravalvulaire (58%) et dans le groupe chirurgical, l’endocardite (50%).

Les auteurs soulignent enfin que la mortalité à 30 jours liée à une réintervention était plus forte dans le groupe chirurgical (50%) que dans les groupes Sapien XT* (5%) ou Sapien 3* (0%).

Ils concluent qu’à 5 ans, la valve Sapien XT* a montré une incidence des DSV 2,6 fois plus élevée que les bioprothèses chirurgicales, alors que les taux étaient comparables pour la valve Sapien 3* et les valves chirurgicales.

Des études devront évaluer la durabilité de Sapien 3* à plus long terme.

Dans un éditorial, Eric Van Belle du CHU de Lille et ses collègues soulignent que 22% des patients ne disposaient pas de données échocardiographiques (nécessaires pour mettre en évidence une altération de l’hémodynamisme valvulaire), ce qui a pu limiter la représentativité de la population pour le calcul de l’incidence des DSV. L’incidence des insuffisances toutes causes a toutefois pu être évaluée sur l’ensemble de la population.

Ils ajoutent enfin que ces résultats ne concernent que les patients à risque intermédiaire et qu’il sera intéressant de savoir si la durabilité de ces valves est similaire chez les patients à faible risque, car un jeune âge a été associé à un risque plus élevé de DSV.

(JACC 2020, vol. 76 n°16, : 1830-1843)

 

Source : APMnews

Mots clés: Interventionnel Interventionnel

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