Doutes sur le bénéfice des bêta-bloquants dans l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée

Publié le mardi 7 décembre 2021
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APM news

WASHINGTON, 6 décembre 2021 (APMnews) - L'utilisation des bêta-bloquants dans l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée pourrait avoir un effet défavorable sur les capacités de la majorité de ces patients, suggère une petite étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

Par analogie avec l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite où leur bénéfice est bien démontré, les β -bloquants sont aussi utilisés dans la forme à fraction d'éjection préservée, alors qu'on manque de preuve de leur intérêt, rappellent Patricia Palau de l'hôpital universitaire de Valence en Espagne et ses collègues.

Mais dans l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée il y a souvent une incompétence chronotrope (incapacité du coeur à augmenter la fréquence cardiaque en réponse à un effort). Or, les bêta-bloquants diminuent la réponse chronotrope.

Afin de savoir si cette classe de médicaments pourrait avoir un effet défavorable, ils ont étudié l'effet de leur arrêt. Ils ont randomisé 52 patients présentant une insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée avec une incompétence chronotrope traités par un β-bloquant entre le maintien ou l'arrêt de ce médicament.

Les patients ont subi au départ puis à un mois une épreuve d'effort pour mesurer leur consommation maximale d'oxygène (VO2 max).

Alors que chez les patients qui ont continué le β-bloquant la VO2 max montait à 81,1% de la valeur prédite.

Les chercheurs ont également noté des améliorations de la qualité de vie et de la pression télédiastolique du ventricule gauche.

Il n'y avait pas d'effet négatif de l'arrêt du β-bloquant sur le taux de peptide natriurétique ni sur les paramètres échocardiographiques.

"Les β-bloquants méritent d'être ré-évalués dans l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée", concluent les auteurs. Ils rappellent que la majorité de ces patients présentent une incompétence chronotrope, et qu'ils sont nombreux à être traités par β-bloquant. Leurs résultats, s'ils sont confirmés par d'autres travaux, ont donc des implications pratiques pour un grand nombre de patients.

Source: APMnews

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