Diabète de type 2 : une étude observationnelle favorable aux inhibiteurs du SGLT2 en première ligne

Publié le vendredi 3 juin 2022
APM news

WASHINGTON, 31 mai 2022 (APMnews) - Les antidiabétiques oraux de la classe des inhibiteurs du SGLT2 semblent avoir une efficacité comparable à la metformine sur la prévention des événements cardiovasculaires, et même un avantage pour certains événements, en traitement de première ligne du diabète de type 2, selon une étude d'observation publiée par les Annals of Internal Medicine.

Les inhibiteurs du SGLT2 sont actuellement placés en deuxième ligne en association avec la metformine quand cette dernière est insuffisamment efficace, comme l'indique la plus récente prise de position de la Société francophone du diabète (SFD).

Mais d'une part, ils ont été inclus dans d'autres recommandations dès la première ligne chez les patients ayant déjà une atteinte cardiovasculaire, et d'autre part, HoJin Shin de la Harvard Medical School à Boston et ses collègues rappellent que les données qui ont conduit à établir la metformine comme traitement de première ligne il y a longtemps sont relativement minces.

Une étude est en cours qui compare la dapagliflozine et la metformine en première ligne, mais elle ne donnera des résultats qu'en 2025 et de plus elle a inclus des patients à relativement faible risque, ce qui pourrait empêcher de voir une différence sur les événements cardiovasculaires, craignent-ils.

Pour pallier ce problème, ils ont conduit une étude observationnelle. Au sein d'une cohorte de patients américains de 65 ans et plus, ils ont comparé les risques de décès et d'événements cardiovasculaires chez 17.226 diabétiques de type 2 initiant un traitement par metformine et 8.613 autres débutant par un inhibiteur du SGLT2. La durée moyenne de suivi était d'un an.

Ils ont constaté que le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque était significativement diminué de 22% avec les inhibiteurs du SGLT2. Le taux d'hospitalisations pour insuffisance cardiaque s'est élevé à 14,4% parmi les patients prenant ces médicaments et 18,7% chez ceux prenant la metformine.

Le risque d'infarctus du myocarde était également diminué "numériquement" de 30% avec ces médicaments, mais sans atteindre la significativité statistique. Ce risque était respectivement de 4,9% avec ces médicaments contre 7,2% avec la metformine.

Toutefois, quand seuls les patients ayant un antécédent cardiovasculaire étaient analysés, le risque d'infarctus diminuait de 60% et c'était significatif. Le risque absolu était de 6,5%, contre 15,7%.

Il n'y avait pas en revanche de différence de risque d'accident vasculaire cérébral ni de risque de décès.

Il a été aussi noté que le risque d'infection génitale était multiplié par 2,2 avec les inhibiteurs du SGLT2. Une complication connue de cette classe de médicaments et qui est gérable, rappellent les auteurs. La fréquence était de 54,1% contre 23,7%.

Hormis cette complication, la sécurité était similaire pour les deux traitements, indiquent-ils.

Ces résultats sont encourageants mais ils estiment souhaitable de disposer d'essais randomisés pour conforter leurs résultats.

Source: APMnews

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