Des calcifications coronaires plus précoces chez les femmes ayant eu une pré-éclampsie

Publié le jeudi 10 décembre 2020
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WASHINGTON, 4 décembre 2020 (APMnews) - Les femmes ayant eu une pré-éclampsie au cours d'une grossesse développent des calcifications coronaires plus tôt que les autres, et présentent davantage de facteurs de risque cardiovasculaire modifiables, selon une étude néerlandaise publiée dans Circulation: Cardiovascular Imaging.

La pré-éclampsie, la calcification coronaire et l'athérosclérose sont des facteurs de risque de développement de maladies cardiovasculaires. Même si les symptômes cliniques de la pré-éclampsie disparaissent peu après l'accouchement, des complications de santé sur le long terme y sont associées, notamment un risque 2 à 7 fois plus élevé de développer une maladie cardiovasculaire plus tard au cours de la vie, par rapport aux grossesses normotendues, rappellent les auteurs.

Or il n'existe pas de recommandations spécifiques pour le suivi cardiovasculaire des femmes ayant eu une pré-éclampsie, notent-ils. Les scores de risque cardiovasculaire étant fortement basés sur l'âge, les femmes ayant eu une pré-éclampsie sont généralement considérées comme à faible risque cardiovasculaire après leur accouchement.

Laura Benschop du centre médical universitaire Erasmus à Rotterdam et ses collègues ont examiné les facteurs de risque cardiovasculaire, les calcifications coronaires et la plaque coronaire par imagerie, chez 258 femmes avec un antécédent de pré-éclampsie, âgées de 40 à 63 ans. Elles ont été comparées à 644 femmes d'âge et d'origine ethnique équivalents issues de la Framingham Heart Study et ayant eu des grossesses normotendues.

La prévalence des calcifications coronaires était plus élevée chez les femmes ayant un antécédent de pré-éclampsie (20% contre 13%), mais la différence n'était statistiquement significative que chez les femmes de 45 à 50 ans (23% contre 10%).

Le degré de calcification coronaire avançait 4 fois plus vite, entre les tranches d'âge 40-45 ans et 45-50 ans, chez les femmes ayant un antécédent de pré-éclampsie par rapport aux contrôles: les femmes avec antécédent de pré-éclampsie avaient un risque 4,2 fois plus élevé, significatif, d'être dans une catégorie supérieure de calcification coronaire à 45-50 ans par rapport à 40-45 ans, tandis que celles sans antécédent avaient un risque non significativement augmenté de 17% d'être dans une catégorie supérieure de calcification coronaire à 45-50 ans par rapport à 40-45 ans.

Le degré d'avancement des calcifications coronaires restait plus élevé chez les femmes avec antécédent de pré-éclampsie que chez les contrôles jusqu'à la soixantaine, même si cette différence diminuait après la ménopause.

Des scores de calcification coronaire similaires à ceux des femmes avec antécédent de pré-éclampsie étaient atteints 4,9 ans plus tard chez les femmes ayant eu des grossesses normotendues, à score égal au départ.

Ces observations ne s'expliquaient pas par la prévalence plus élevée de facteurs de risque cardiovasculaire et les scores de risque de Framingham plus élevés observés chez les femmes ayant un antécédent de pré-éclampsie, soulignent les auteurs.

"Les femmes ayant eu une pré-éclampsie devraient bénéficier d'un dépistage cardiovasculaire régulier et d'interventions avant [45 ans]", concluent-ils.

(Circulation: Cardiovascular Imaging, publication en ligne du 16 novembre)

Source: APMnews

Mots clés: Coronaire Coronaire

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