Covid-19 : l’insuffisance cardiaque associée à un pronostic plus sévère à l’hôpital

Publié le vendredi 6 novembre 2020
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WASHINGTON, 6 novembre 2020 (APMnews) - L’insuffisance cardiaque est associée à un risque accru de recours à la ventilation mécanique et de mortalité chez les patients hospitalisés pour Covid-19, quelle que soit leur fraction d’éjection ventriculaire gauche, selon une étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

Si les patients insuffisants cardiaques atteints de Covid-19 semblent à risque élevé de mauvais pronostic, les données sur cette population sont rares, expliquent Jesus Alvarez-Garcia de l’Icahn School of Medicine au Mount Sinai à New York et ses collègues.

Dans une analyse rétrospective, ils ont décrit le profil clinique et l’évolution des patients insuffisants cardiaques hospitalisés pour Covid-19 dans les hôpitaux du système de santé Mount Sinai à New York et les ont comparés aux patients non insuffisants cardiaques.

Au total, 6.439 patients hospitalisés pour Covid-19 entre le 27 février et le 26 juin ont été inclus dans cette étude.

Les caractéristiques cliniques ainsi que les résultats (durée de séjour, recours aux soins intensifs, ventilation mécanique et mortalité hospitalière) ont été extraits des dossiers médicaux électroniques.

Les patients insuffisants cardiaques ont également été classés selon leur fraction d’éjection ventriculaire gauche: réduite (inférieure ou égale à 40%), moyenne (comprise entre 41 et 49%) ou préservée (supérieure ou égale à 50%).

Sur l’ensemble des patients âgés en moyenne de 63,5 ans (45% de femmes), 6,6% étaient insuffisants cardiaques. Parmi eux, 59,3% présentaient une fraction d’éjection ventriculaire gauche préservée, 10,4% moyenne, et 30,3% réduite.

Les insuffisants cardiaques ont reçu plus fréquemment de l’oxygène par canule nasale (72% contre 51,8% pour les contrôles) et une anticoagulation (82,2% contre 55%).

Ils ont aussi présenté une durée de séjour plus longue (8 jours contre 6 jours pour les patients contrôles), un recours plus fréquent aux soins intensifs (23,2% contre 16,6%, soit un recours multiplié par 1,7), un risque augmenté de nécessité d’une ventilation mécanique (22,8% contre 11,9%, soit un risque augmenté d’un facteur 3,6), et de mortalité (40% contre 24,9%, soit un risque augmenté d’un facteur 1,9).

Globalement, les patients insuffisants cardiaques présentaient des risques de complications similaires quelle que soit leur fraction d’éjection ventriculaire gauche ou qu'ils soient ou non sous inhibiteur du système rénine-angiotensine-aldostérone.

Cependant, le choc cardiogénique était significativement plus fréquent chez les patients présentant une fraction d’éjection ventriculaire gauche réduite: 7,8%, contre 2,3% et 2% quand elle était moyenne ou préservée. De même, les réadmissions à 30 jours étaient plus fréquentes quand la fraction d’éjection était réduite (47,1% contre 0% et 8,6% respectivement).

Et les patients présentant une fraction d’éjection ventriculaire gauche moyenne (bien qu’ils soient peu nombreux) ont présenté une mortalité moindre en comparaison des 2 autres groupes: 22,7% comparé à 38,3% pour les patients présentant une fraction d’éjection réduite et 44% pour ceux ayant une fraction d’éjection préservée.

Les auteurs concluent qu’une attention particulière doit être portée à prévenir toute exposition des patients insuffisants cardiaques au Sars-CoV-2 et que les traitements par inhibiteur du système rénine-angiotensine-aldostérone doivent être maintenus pour ceux chez qui ces traitements sont fortement recommandés

Source : APMnews

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