Arrêt cardiaque chez l'enfant : le massage cardiaque plus efficace s'il est associé au bouche-à-bouche

Publié le vendredi 24 septembre 2021
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WASHINGTON, 9 septembre 2021 (APMnews) - Coupler le bouche-à-bouche à un massage cardiaque par compression chez un enfant victime d'un arrêt cardiaque est associé à une meilleure survie sans séquelle neurologique, selon une étude publiée dans le Journal of the American College of Cardiology (JACC).

La colchicine admLa survie des enfants après un arrêt cardiaque en dehors de l'hôpital reste faible, avec moins de 10% de survivants, rappellent Maryam Naim du Children’s Hospital of Philadelphia et ses collègues en introduction de leur étude.

Lors d'un arrêt cardiaque chez les adultes, le message cardiaque par compression seul semble être aussi efficace que s'il était couplé à du bouche-à-bouche et depuis 2010, l'American Heart Association (AHA) et le conseil de réanimation européen recommandent cette technique.

Chez les enfants, le massage cardiaque seul est d'ailleurs la pratique plus fréquente. Pourtant, chez les enfants, l'AHA et le conseil de réanimation européen recommandent encore d'associer le bouche-à-bouche au massage cardiaque par compression. Les études scientifiques montrent aussi des résultats contradictoires.

Cette étude avait pour objectif de tester l'hypothèse selon laquelle la survie avec une évolution neurologique favorable est meilleure lors d'une réanimation cardiopulmonaire incluant le bouche-à-bouche lors d'un arrêt cardiaque pédiatrique extra-hospitalier.

Les chercheurs ont analysé la situation de 10.249 enfants ayant été victimes d'un arrêt cardiaque à partir du registre CARES (Registre des arrêts cardiaques pour améliorer la survie). Ils ont été séparés en trois groupes d'âge: 5.456 nourrissons (<1 an), 2.936 enfants (1 à 11 ans) et 2.037 adolescents (12 ans et plus).

Le critère de jugement principal était une meilleure survie sans séquelle neurologique à la sortie de l'hôpital via un score de performance cérébrale (1: pas de handicap, 2: handicap modéré 3: handicap sévère, 4: coma ou état végétatif ou décès).

L'arrêt cardiaque était le plus souvent d'origine respiratoire (32,8%) ou cardiaque (44,4%). Certains cas étaient liés à une noyade (8,8%), un surdosage médicamenteux (1,8%) ou une électrocution (0,2%).

Au total, 6.188 enfants n'avaient pas eu de réanimation cardiopulmonaire, 2.318 uniquement un massage cardiaque par compression et 1.923 un massage cardiaque + un bouche-à-bouche.

Une survie avec évolution neurologique favorable (score de 1 et 2) a été observée chez 8,6% de l'ensemble des enfants victimes d'un arrêt cardiaque. Plus précisément, c'était le cas chez 4,6% des nourrissons, 10,6% des enfants et 16,5% des adolescents.

La technique combinée du massage cardiaque parcompression et du bouche-à-bouche et celle uniquement basée sur le massage cardiaque étaient associées à une meilleure survie avec évolution neurologique favorable que l'absence de réanimation cardiopulmonaire de proximité (avant l'arrivée des secours), avec des odds ratios" (OR, mesure approchant celle du risque relatif) de respectivement 2,2 et 1,6.

La technique combinée était aussi associée à une meilleure survie avec évolution neurologique favorable que le massage cardiaque seul (OR: 1,4).

Dans l'analyse stratifiée selon l'âge, la combinaison des deux gestes était associée à un meilleur résultat dans tous les groupes d'âges. En revanche, le massage cardiaque seul était associé à une meilleure survie par rapport à l'absence de réanimation cardiopulmonaire (avant l'arrivée des secours) chez les enfants et les adolescents, mais pas chez les nourrissons.

Plus précisément, chez les nourrissons, cette survie avec évolution neurologique favorable a été observée dans 5,2% des arrêts avec le massage cardiaque seul, dans 6,9% de ceux traités par massage et bouche-à-bouche et dans 3,7% de ceux sans réanimation cardiopulmonaire.

Chez l'enfant, ces proportions sont respectivement de 13,9%, 17,3% et 6,8%. Chez les adolescents, elles sont de respectivement 23,7%, 25,7% et 10,3%.

Dans la discussion, les auteurs soulignent que "ces résultats sont similaires" à d'autres travaux émanant du Japon. Ils "appuient l'utilisation du bouche-à-bouche pour les enfants victimes d'un arrêt cardiaque", particulièrement chez les nourrissons.

Source: APMnews

Mots clés: Interventionnel Interventionnel

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