Après 3 mois de bithérapie post-angioplastie, le ticagrélor seul est une bonne stratégie chez les patients à haut risque

Publié le mardi 1 octobre 2019
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SAN FRANCISCO, 1er octobre 2019 (APMnews) - Abandonner l'aspirine après 3 mois de bithérapie ticagrélor (Brilique*, AstraZeneca) + aspirine chez les patients à haut risque ayant reçu une angioplastie percutanée réduit les saignements sans augmenter les risques de décès, infarctus ou AVC par rapport à la poursuite de la bithérapie, selon les résultats de l'essai TWILIGHT présentés la semaine dernière au congrès Transcatheter Cardiovascular Therapeutics (TCT) à San Francisco.

La bithérapie anti-agrégante aspirine + inhibiteur de P2Y12 permet de réduire le risque ischémique résiduel post-angioplastie, mais on cherche le moyen de limiter le risque hémorragique associé à ce traitement. Une stratégie consiste à raccourcir la durée de la bithérapie, généralement en arrêtant l'inhibiteur de P2Y12. Mais réduire la durée du traitement par aspirine et prolonger l'anti-P2Y12 permettrait de limiter le risque hémorragique lié à l'aspirine, en particulier au niveau gastro-intestinal.

Dans l'essai TWILIGHT, dont les résultats sont également publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM), 7.119 patients à haut risque d'évènement hémorragique ou ischémique après angioplastie percutanée ont été randomisés en double aveugle, après 3 mois de bithérapie aspirine + ticagrélor sans évènement hémorragique ou ischémique majeur, entre le ticagrélor en monothérapie (+ placebo) et la poursuite de la bithérapie, pendant 1 an.

L'incidence des hémorragies de type BARC 2, 3 ou 5, critère principal de jugement, a été significativement réduite de 44% dans le groupe ticagrélor seul par rapport à la bithérapie (4,0% contre 7,1%). De même, les saignements BARC 3 ou 5 ont été réduits de moitié (1,0% contre 2,0%).

L'incidence des décès de toute cause, des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux (AVC) non fatals était de 3,9% dans les 2 groupes, le critère de non-infériorité étant atteint.

Les auteurs expliquent dans l'article publié dans le NEJM que ces résultats contrastent avec ceux de l'étude GLOBAL LEADERS, publiée en 2018, qui a montré qu'un mois de bithérapie suivi du ticagrélor seul pendant 23 mois ne réduisait pas les saignements par rapport à une stratégie conventionnelle (1 an de bithérapie suivi de l'aspirine seule).

Cela s'explique selon eux par les différences dans la conception des essais: celui de 2018 était en ouvert, incluait des patients tout venant, pas uniquement à haut risque, ne portait pas sur la même durée de traitement ni sur les mêmes régimes de comparaison, entre autres. "En conséquence, tout avantage putatif sur les saignements associé à l'arrêt de l'aspirine a probablement été atténué dans GLOBAL LEADERS", estiment les auteurs.

"Ces résultats suggèrent que le ticagrélor en monothérapie peut être une stratégie anti-agrégante adaptée pour réduire les saignements tout en préservant les bénéfices ischémiques dans ce groupe de patients", commente Roxana Mehran de l'Icahn School of Medicine at Mount Sinai à New York, principal auteur de l'étude, dans un communiqué du congrès.

Source : APMnews

Mots clés: Médicament Médicament

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