Anti-agrégants et bêta-bloquants associés au risque d'infarctus lié à la chaleur

Publié le jeudi 4 août 2022
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LONDRES, 2 août 2022 (APMnews) - Les patients sous anti-agrégants plaquettaires ou sous bêta-bloquants sont plus vulnérables au risque d'infarctus déclenché par la chaleur que ceux ne prenant pas ces médicaments, selon une étude menée sur un registre allemand, publiée lundi dans Nature Cardiovascular Research.

L'infarctus peut être déclenché par la pollution de l'air aux particules et par les basses températures. De plus en plus d'éléments suggèrent également que la chaleur peut déclencher un infarctus. Kai Chen de la Yale School of Public Health à New Haven (Connecticut) et ses collègues ont cherché à savoir si certains médicaments cardiovasculaires rendaient les patients plus vulnérables à ce type d'infarctus.

Ils ont utilisé les données du registre MONICA/KORA MI de la région d'Augsbourg (Allemagne), pour examiner l'impact des médicaments utilisés avant une hospitalisation pour infarctus aigu, sur l'association entre exposition à la chaleur et survenue de l'infarctus le jour même.

Durant la période chaude (mai à septembre) de 2001 à 2014, 2.494 cas d'infarctus ont été inclus dans le registre. Parmi eux, 32,0% utilisaient avant leur hospitalisation des anti-agrégants plaquettaires, 25,2% des inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC), 37,2% des bêta-bloquants, 15,9% des inhibiteurs calciques, 23,4% des diurétiques et 23,6% des statines.

Le risque d'infarctus non fatal lié à la chaleur, calculé par le rapport de probabilité d'infarctus entre le 95e percentile de température (24,2°C) et la température exposant au risque minimal d'infarctus (7,5°C), était significativement augmenté de 63% chez les utilisateurs d'anti-agrégants plaquettaires, mais pas chez les non-utilisateurs, avec une différence statistiquement significative de risque entre utilisateurs et non-utilisateurs.

Il en était de même chez les utilisateurs de bêta-bloquants, avec une augmentation du risque de 65%, tandis que le risque n'était pas augmenté chez les non-utilisateurs, et la différence entre les deux groupes était significative.

Chez les utilisateurs à la fois d'anti-agrégants plaquettaires et de bêta-bloquants, le risque d'infarctus lié à la chaleur était augmenté de 75%, mais pas chez les non-utilisateurs, avec une différence significative entre les deux groupes.

Ces effets étaient plus marqués chez les patients plus jeunes (25 à 59 ans), qui présentaient moins de maladie coronaire pré-existante.

D'autres recherches sont nécessaires afin de démêler les modifications d'effets liées aux médicaments et celles liées aux maladies coronaires pré-existantes, estiment les auteurs.

Si ces résultats sont confirmés, "ils pourraient aider les cliniciens, les patients et les autorités de santé publique à développer des stratégies ciblées pour réduire le fardeau des maladies cardiovasculaires avec le changement climatique", concluent-ils.

(Nature Cardiovascular Research, publication en ligne du 1er août)

Source: APMnews

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