Adhésion insuffisante aux anticoagulants oraux des patients avec fibrillation atriale

Mis à jour le lundi 3 décembre 2018
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Qu’il s’agisse d’AOD ou d’AVK, l’adhésion aux traitements anticoagulants des patients avec fibrillation atriale non valvulaire serait insuffisante, selon un communiqué de presse publié par la Cnam et la Société Française de Cardiologie (SFC).

Réalisée en 2017 par la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam) sur la base des données Sniiram-PMSI, cette étude de cohorte a mesuré le taux d’arrêt des traitements anticoagulants auprès de 35 000 patients atteints de fibrillation atriale (FA) non valvulaire.

Dans la première année du début du traitement, un patient du cinq arrête son traitement pendant au moins 60 jours, qu’il soit sous anticoagulant oral directe (AOD) ou anti-vitamines K (AVK). Cette fréquence est d’autant plus élevée (1 patient sur 3) en cas de changement de type de traitement. Par ailleurs, moins d’un patient sur cinq reprend son anticoagulant dans les quatre mois suivant son arrêt.

Une adhésion aux anticoagulants indispensable dans la FA

En France, plus d’un million de personnes sont touchées par la fibrillation atriale, l’une des principales causes d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique ou encore d’insuffisance cardiaque.

Depuis 2016, la Société européenne de cardiologie (ESC) recommande les AOD comme traitement anticoagulant de première intention (ex : dabigatran, rivaroxaban et apixaban) chez les patients avec FA non valvulaire, les AOD ne nécessitant pas de suivi biologique et étant moins à risque d’hémorragie intracrânienne que les AVK.

« Une amélioration de l’adhésion au traitement anticoagulant oral, souvent décrite comme insuffisante avec le traitement par AVK, était donc attendue avec le traitement AOD » précise la Cnam.

Les trois points clés à rappeler aux prescripteurs

La Société Française de Cardiologie (SFC) et la Cnam s’associent pour rappeler les trois points clés aux prescripteurs d'anticoagulants oraux :

  1. La fibrillation atriale est une maladie grave et la mortalité associée à sa principale complication, l’AVC ischémique, peut être en grande partie réduite par la prise d’anticoagulants oraux ;
  2. L’adhésion optimale à ces traitements, obligatoire pour assurer leur pleine efficacité, doit ainsi être discutée avec les patients et régulièrement contrôlée, notamment chez ceux traités par AOD pour lesquels un suivi biologique n’est pas nécessaire ;
  3. Face aux patients ayant décidé d’arrêter de leur propre chef le traitement, une discussion doit être engagée pour comprendre les raisons d’arrêt incluant la recherche d’effets indésirables hémorragiques ou non, et mettre en place des actions pour améliorer l’adhésion au traitement.

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Sources

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