AVC lié à la fibrillation atriale : réduire la dose d'altéplase plus délétère que bénéfique

Publié le lundi 21 février 2022
dans
APM news

WASHINGTON, 18 février 2022 (APMnews) - Administrer une faible dose d'altéplase pour la thrombolyse intraveineuse dans l'accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique aigu lié à une fibrillation atriale n'apparaît pas judicieux, l'évolution fonctionnelle n'étant pas améliorée par rapport à une dose standard, tandis que le risque d'hémorragie intracrânienne est augmenté, selon une étude taïwanaise publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA).

Il existe peu de données sur l'efficacité et la sécurité de différentes doses de thrombolyse intraveineuse chez les patients ayant un AVC ischémique lié à une fibrillation atriale. Ces AVC sont réputés associés à une moins bonne évolution et à un plus grand risque de transformation hémorragique sous thrombolyse intraveineuse. En outre, les patients asiatiques ayant une fibrillation atriale ont 2 à 4 fois plus de risque d'hémorragie intracrânienne par rapport aux patients d'origine caucasienne, rappellent les auteurs.

Ils ont évalué l'évolution clinique de patients chinois ayant un AVC ischémique aigu associé ou non à une fibrillation atriale, traités par thrombolyse intraveineuse avec l'altéplase à différentes doses, via une étude de cohorte prospective multicentrique incluant 2.351 patients (1.371 avec fibrillation atriale et 980 sans fibrillation atriale).

L'analyse portait sur un résultat fonctionnel favorable à 90 jours et la survenue d'hémorragie intracrânienne symptomatique dans les 24 à 36 heures après le traitement.

Les patients avec fibrillation atriale présentaient un risque 2,10 fois plus élevé d'hémorragie intracrânienne symptomatique définie selon les critères du National Institute of Neurological Disorders and Stroke (NINDS), après ajustement sur le score THRIVE (Total Health Risk in Vascular Events).

Mais le risque d'hémorragie intracrânienne symptomatique selon les critères de l'European Cooperative Acute Stroke Study II (ECASS II) et de la Safe Implementation of Thrombolysis in Stroke-Monitoring Study (SITS-MOST) n'était pas significativement différent entre les groupes avec et sans fibrillation atriale.

Les taux de résultat fonctionnel favorable à 90 jours n'étaient pas significativement différents.

Une analyse des groupes avec et sans fibrillation atriale a ensuite était faite en fonction de la dose d'altéplase reçue, avec 1.669 patients ayant reçu une faible dose et 682 patients ayant reçu une dose standard.

A la dose standard, il n'y avait pas de différence de résultats fonctionnels favorable à 90 jours ni d'hémorragie intracrânienne symptomatique, entre les groupes avec et sans fibrillation atriale.

Le sous-groupe avec fibrillation atriale traité par faible dose d'altéplase avait en revanche un risque multiplié par 2,87 d'hémorragie intracrânienne symptomatique selon les critères NINDS par rapport au sous-groupe sans fibrillation atriale, statistiquement significatif. Mais avec les critères ECASS II et SITS-MOST, il n'y avait pas de différence entre les groupes avec et sans fibrillation atriale à faible dose. Il n'y avait pas non plus de différence en termes d'évolution favorable à 90 jours.

Il s'agit à la connaissance des auteurs de la première étude à analyser les résultats cliniques chez les patients victimes d'un AVC ischémique aigu avec et sans fibrillation atriale en utilisant différentes définitions de l'hémorragie intracrânienne symptomatique, et à évaluer les effets de différentes doses d'altéplase sur les résultats fonctionnels à 90 jours et le risque d'hémorragie intracrânienne symptomatique.

"Les résultats révèlent que le groupe fibrillation atriale a un risque plus élevé d'hémorragie intracrânienne. Cependant, les résultats cliniques, les résultats fonctionnels favorables à 90 jours, l'indépendance fonctionnelle et la mortalité ne sont pas affectés par la fibrillation atriale." En outre, "nous avons observé un risque accru d'hémorragie intracrânienne symptomatique chez les patients [avec fibrillation atriale] avec un AVC traité par altéplase à faible dose", mais pas d'influence de la dose d'altéplase sur le statut fonctionnel à 90 jours.

"Par conséquent, l'adoption de l'altéplase à faible dose uniquement en raison d'une fibrillation atriale n'est pas recommandée", concluent les auteurs.

Source: APMnews

Dépêche précédente

La Société française de cardiologie appelle à la création d'une filière de soins dédiée à l'insuffisance cardiaque

Dépêche suivante

Le risque d'hospitalisation pour Covid-19 plus que doublé chez les hypertendus malgré la vaccination

0 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire