En direct de l'AHA 2015 – Compte rendu de congrès - Edition spéciale du 11 novembre

Mis à jour le lundi 6 novembre 2017
Sanofi
  « compte rendu de Congrès réalisé avec le soutien financier de SANOFI »

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Interviews

 

Compte rendu de congrès

 

Par Albert Hagège (Paris) et Serge Kownator (Thionville)

Maladie coronaire

Le score DAPT, vers une individualisation de la double anti-agrégation prolongée

LBCT - Abstract 20297 - Robert YEH,Boston

L’étude DAPT avait montré le bénéfice d’une double anti-agrégation plaquettaire prolongée au-delà d’un an, sur le risque de thrombose après stenting mais avec un risque majoré d’évènements hémorragiques chez 11 648 patients ayant bien toléré ce traitement pendant la première année. L’enjeu est donc d’identifier les sujets devant bénéficier de cette stratégie. Dans ce but et à partir des données recueillies dans DAPT, deux modèles prédictifs ont été développés et testés dans l’étude PROTECT, l’un portant sur le risque ischémique, l’autre sur le risque hémorragique, les deux incluant le risque fatal. La sommation des deux modèles a permis ainsi de définir un effet net du traitement en faisant la balance entre risque ischémique et hémorragique. En analyse multivariée, l’âge (< 65, de 65 à 74, ≥ 75 ans), les antécédents d’angioplastie ou d’infarctus, un diamètre de stent < 3mm, l’insuffisance cardiaque ou une FE < 30 %, un infarctus initial, l’utilisation d’un stent au placlitaxel, le tabagisme, le diabète et l’angioplastie d’un pontage veineux constituent les éléments d’évaluation de l’effet prédictif net du traitement, permettant ainsi le calcul d’un score de risque. On a pu ainsi stratifier les patients en quartiles selon le niveau du score DAPT (SD) (Q1= SD -2 à 0, Q2 = SD 1, Q3= SD 2, Q4=SD>2). De manière globale, les patients ayant un SD <2 ne tire pas bénéfice en termes d’ischémie de la prolongation de la double anti-agrégation plaquettaire; ils ont par contre un risque hémorragique significativement augmenté. Pour un SD ≥ 2, les taux d’infarctus ou de thrombose de stent ainsi que ceux d’évènements ischémiques graves, y compris la mortalité, sont significativement réduits sans sur risque hémorragique. Le SD est particulièrement efficace chez les sujets n’ayant pas eu de stent actif au placlitaxel. Il faut bien noter que ce score ne s’applique qu’à la population testée. Le calculateur du score DAPT est disponible sur le site www.daptstudy.org

Maladie coronaire

Etude PEGASUS, effets à long terme des données de tolérance

LBCT - Abstract 19689 – Marc BONACA, Boston

L’étude PEGASUS avait inclus 21 162 patients sous aspirine ayant des antécédents d’infarctus 1 à 3 ans au préalable et auxquels on a rajouté soit un placebo, soit du ticagrelor 60 ou 90 mg. Les résultats avaient montré un bénéfice significatif en faveur des deux doses de ticagrelor sur la survenue du critère primaire associant décès cardiovasculaires, infarctus et AVC. On évalue ici les données de tolérance et de qualité de vie des patients et en particulier les raisons pouvant les avoir conduits à interrompre le traitement. De fait, les interruptions de traitement surviennent essentiellement la première année, plus fréquemment pour les deux dosages de ticagrelor et majoritairement en raison d’effets secondaires. Ce sont essentiellement les dyspnées et les évènements hémorragiques qui conduisent à l’interruption médicamenteuse dans les groupes ticagrelor. A noter cependant que les évènements dyspnéiques sont modérés la plupart du temps, de même que les hémorragies qui requièrent néanmoins un avis médical.

S’attaquer enfin aux maladies vasculaires périphériques !

Mark Creager, est un spécialiste internationalement reconnu des maladies vasculaires périphériques et l’actuel président de l’AHA. C’est à ce titre qu’il a exhorté la communauté cardiologique à s’intéresser davantage et à mieux prendre en charge ces maladies des vaisseaux. Il a repris à son compte la phrase de William Osler selon la quelle « Life’s tragedies are usually arterial » soulignant qu’aujourd’hui encore, l’athérosclérose et la thrombose restent les facteurs essentiels à l’origine des maladies cardiaques et des AVC. Associées à tous les évènements cardiovasculaires, aux AVC, à l’insuffisance rénale sévère, les maladies vasculaires périphériques sont le témoin d’un risque artériel majeur et toucheraient 200 millions de personnes à travers le monde. La maladie veineuse thromboembolique atteint elle, 900 000 personnes aux Etats-Unis, chaque année ! Les maladies vasculaires, ce sont 200 milliards de dollars dépensés chaque année aux USA. Malgré tout cela, cette pathologie reste souvent méconnue, insuffisamment traitée. Et pourtant, sevrage tabagique, activité physique mais aussi traitement antiplaquettaire et hypocholestérolémiant ont fait la preuve de leur efficacité. Il est temps de prendre conscience du lourd tribut payé à ces maladies vasculaires a conclu ici Mark Creager.

L’étude PROACT-4

Evaluation de l’impact du dosage de la troponine dans l’ambulance

LBCT - Abstract 19896 - Justin EZEKOWITZ, Edmonton

Un accès rapide aux données diagnostiques, notamment aux résultats biologiques, pourrait contribuer à améliorer la prise en charge des patients suspects de SCA. On teste ici chez 601 patients le bénéfice potentiel d’un dosage rapide du taux de troponine effectué dès la prise en charge des patients dans l’ambulance. Par comparaison avec une stratégie conventionnelle, examen biologique réalisé aux urgences, le dosage précoce permet de raccourcir le temps d’accès aux résultats, qui passe de 139 mn dans le groupe témoin à 38 mn après l’arrivée aux urgences dans le groupe testé dans l’ambulance. Il en résulte un temps médian de séjour aux urgences de 8,75 heures contre 9,14 heures. Dans la mesure où le diagnostic de SCA peut être éliminé pour la majorité des sujets, cette stratégie de dosage rapide pourrait permettre une gestion améliorée de la stratégie de prise en charge des patients.

Maladie vasculaire

FAST MI : les patients ayant une AOMI tirent-ils bénéfice des progrès réalisés dans la prise en charge de l’infarctus ?

Abstract M4118 - Victor ABOYANS, Limoges

Ces données sont issues des 4 phases de FAST MI (1995, 2000, 2005 et 2010). Parmi les 10610 sujets inclus, 9,1 % ont un artériopathie des membres inférieurs (AOMI). On constate, au cours du temps et à l’instar de l’ensemble de la population de l’étude, un taux de survie précoce très nettement amélioré chez les patients ayant une AOMI. Par contre, au delà du 30ème jour ce taux de survie ne s’améliore pas au cours du temps chez les sujets ayant une AOMI. Par contre, au delà du 30ème jour ce taux de survie ne s’améliore pas au cours du temps chez les sujets ayant une AOMI. Ces données renforcent l’idée selon laquelle la prise en charge du risque chez les patients ayant une AOMI reste insuffisante.

Vers des comprimés « personnalisés ».

Abstract 17443 - Min PU, Winton Salem

Cette étude teste la faisabilité d’un programme de fabrication personnalisée de comprimés à partir des données personnelles, cliniques et biologiques de chaque patient. On utilise une imprimante 3D et un logiciel dédié qui va calculer à partir des données des patients les doses précises de produit actif à utiliser. Les résultats en termes de précision de la fabrication et de reproductibilité de la fabrication semblent prometteurs. Serions-nous revenus à une « préparation magistrale », où l’ordinateur et l’imprimante 3D remplaceraient le pilon ! En tout cas, voilà un exemple de médecine personnalisée !

PARADIGM-HF

Impact du LCZ sur les réadmissions à 1 mois et sur la qualité de vie

Communications orales, Lewis et Solomon, Boston, USA

Dans PARADIGM-HF (8 442 patients), le LCZ696 (comparé à l’enalapril) réduit les décès cardiovasculaires, les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et les décès toutes causes en cas d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection altérée. Le premier complément d’étude présenté concerne la réadmission à 1 mois après l’hospitalisation pour insuffisance cardiaque. Parmi les 2 800 hospitalisations pour insuffisance cardiaque, 1 545 sont survenues chez 871 patients dans le groupe enalapril et 1 255 chez 767 patients sous LCZ. Globalement, 10,5 % de ces hospitalisations ont été suivies d’une ré-hospitalisation toutes causes dans les 30 jours, moins fréquemment sous LCZ (8.7% vs. 12%, -31%, p=.004). Des résultats identiques ont été observés lorsque l’analyse s’est limitée à la première hospitalisation pour chacun des patients. Le deuxième complément d’étude rapporté à Orlando porte sur un questionnaire de qualité de vie rempli à la randomisation, puis à 4 et 8 mois et lors de visites annuelles. Les taux de décès augmentent pour chaque diminution moyenne de 10 points du score. A 8 mois, les résultats se maintenant à 36 mois, les modifications de la qualité de vie sont plus favorables sous LCZ qui fait donc mieux que l’enalapril, non seulement sur la morbidité et la mortalité par insuffisance cardiaque, mais aussi sur la qualité de vie des patients.

 

 

Sanofi
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