Efficacité et sécurité d’emploi à long terme de l’alirocumab

Publié le jeudi 3 novembre 2022
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François Diévart

Dr François Diévart
Clinique Villette,
Dunkerque

Au terme d’un suivi allant jusqu’à 5 ans des patients inclus dans l’essai ODYSSEY Outcomes, l’alirocumab diminue significativement la mortalité totale et est bien toléré.

L’étude ODYSSEY Outcomes dont les résultats ont été publiés en novembre 2018, a démontré que l’alirocumab permet de diminuer significativement le risque d’événements cardiovasculaires majeurs chez des patients venant d’avoir un syndrome coronaire aigu.

Les particularités de cette étude étaient qu’elle a inclus 24 610 patients, tous traités par statine et éventuellement ézétimibe et que son suivi a été relativement court, 2,8 ans, mais suffisant pour qu’un effet soit significatif sur son critère primaire composé des décès coronaires, des IDM non fatals, des AVC ischémiques fatals ou non et des angors instables justifiant une hospitalisation. La réduction relative du risque a été de 15 % (HR : 0,85 ; IC95 % : 0,78-0,93 ; p < 0,001).

Lors de l’ESC 2022, J. Goodman a présenté les résultats rétrospectifs du suivi prolongé d’un sous-groupe préspécifié de 8 342 patients inclus dans cet essai éligibles pour un suivi minimal de 3 ans. Parmi ces patients, 8 222 ont reçu au moins une dose d’alirocumab et ont eu un suivi médian de 3,3 ans, 6 651 ont eu un suivi de 3 à 4 ans, et 1 574 ont eu un suivi de 4 à 5 ans.

Les résultats complètent ceux d’une analyse précédente de cette cohorte ayant montré avec un tel suivi que l’alirocumab réduit la mortalité totale (4,7 % sous placebo vs 5,9 % sous alirocumab ; p=0,01) en montrant que l’alirocumab réduit significativement les événements CV majeurs (décès CV, IDM et AVC) de 17 % (12,0 vs 14,2 % ; HR : 0,83 ; IC95 % : 0,74-0,94 ; p=0,003).

La sécurité d’utilisation de l’alirocumab a été équivalente à celle du placebo tant en matière de l’ensemble des événements indésirables que des événements indésirables sérieux. Il n’y a pas eu de différence entre les groupes concernant les taux d’arrêt du traitement (ou du placebo) pour effets indésirables.

La seule différence en matière d’effets indésirables est un taux plus élevé de réaction au site d’injection sous alirocumab que sous placebo. Les taux absolus ont été faibles, inférieurs à 5 % à 4 ans, la plupart de ces réactions sont survenues lors des 6 premiers mois de traitement.

L’alirocumab apparait donc efficace et bien toléré avec un suivi allant jusqu’à 5 ans d’utilisation.

Référence

Goodman S, P.G. Steg PG, Szarek M et al. Longer-term safety of alirocumab with 24,610 patient-years of placebo-controlled observation: further insights from the ODYSSEY OUTCOMES trial

Retrouvez l'intégralité du dossier spécial "Coronarien et LDLc : de l’actualité de l’ESC 2022 à la mise en pratique en France"

 

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