Surveillance post SCA : existe-t-il une place pour les objets connectés dans l'auto-surveillance des patients ?

Mis à jour le vendredi 2 juillet 2021
dans
Jérémie Bouteau

Auteur :
Dr Jérémie Bouteau
Tours

 

Depuis le début des années 2010, les applications et les objets connectés envahissent notre quotidien. Ils connaissent une croissance exponentielle et gagnent également dans le domaine médical. Des objets simples comme le podomètre ont déjà montré des bénéfices dans plusieurs études du milieu des années 2010 en termes de réduction pondérale et d’augmentation de l’activité physique. Le développement des cardiofréquencemètres de plus en plus petits et incorporés aux smartphones et aux montres connectées permet de démocratiser leur utilisation.

Après avoir estimé la fréquence cardiaque d’entraînement et l’avoir bien expliquée au patient, le cardiofréquencemètre permet de remettre le patient au centre de la surveillance de son activité physique. Cette estimation est systématiquement réalisée à l’occasion de la période de réadaptation cardiaque post SCA et correspond à la fréquence cardiaque du premier seuil ventilatoire lors d’une épreuve d’effort VO2. Elle peut également se calculer par la formule de Karvonen lors d’une épreuve d’effort sans VO2 (FCE = FC repos + [(FC max - FC repos) x K] avec K = 0,6 si patient sans bêtabloquants, ou 0,8 si patient sous bêtabloquants).

Certaines applications ont également été développées sur smartphone afin d’accompagner les personnes dans leur quotidien après un SCA. Ainsi, l’application Vaincoeur® propose une information personnalisée sur la maladie coronaire et son traitement, les médicaments et l’observance, le sevrage tabagique, l’activité physique, la nutrition et la gestion du stress. Nous pouvons également citer l’application Cardicare® destinée à fournir un plan d'entraînement personnalisé visant à stabiliser ou à améliorer la condition physique cardiorespiratoire grâce à l'amélioration de VO2 max. Les études sont actuellement en cours pour tester la performance de ces deux applications.

Il est également logique d’aborder les objets connectés qui enregistrent le rythme cardiaque et peuvent dépister des arythmies cardiaques comme complication du SCA. C’est le cas de l’Apple Watch ou du dispositif Kardia. Ces dispositifs sont actuellement surtout évalués dans le dépistage de la fibrillation atriale.

Enfin, dans ce contexte de la pandémie de COVID-19, les objets connectés offrent aux patients la possibilité de continuer à se fixer des objectifs d’activité physique malgré la fermeture des salles de sport ou la suspension des activité des clubs « Cœur et santé » qui assurent les activités de phase III chez nos patients porteurs de maladies cardiovasculaires chroniques. En 2020, la Fédération Française de Cardiologie a transformé ses traditionnels « Parcours du cœur » en « Parcours du cœur connectés » qui permettaient aux volontaires d’enregistrer, via leurs dispositifs connectés, les kilomètres parcourus en jogging ou en vélo. L’objectif d’atteindre la lune a été atteint, permettant de poursuivre la promotion des bienfaits de l'activité physique pour la santé cardiovasculaire.

 

Retrouvez l'intégralité du dossier spécial "Aspect post SCA en ville, post suivi à l'hôpital"

 

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