SMART-CHOICE confirme le relais par monothérapie antiagrégante au-delà du 3eme mois après stenting

Mis à jour le vendredi 22 mars 2019
dans

ACC 2019
Le congrès de l'American College of Cardiology (ACC) 2019

SMART-CHOICE: Comparison Between P2Y12 Antagonist Monotherapy and Dual Antiplatelet Therapy After DES

Gilles Lemesle
Pr. Gilles Lemesle
Unité de Soins Intensifs Cardiologiques (USIC) et Centre Hémodynamique
CHRU - Institut Coeur-Poumon (Lille)

 

La bithérapie antiagrégante plaquettaire réduit le risque d’évènements thrombotiques après angioplastie mais est associée à un risque accru d’évènements hémorragiques comparée à une monothérapie par aspirine. Dans l'étude GLOBAL LEADERS, l’association de ticagrelor à l’aspirine pendant un mois suivi d’une monothérapie par ticagrelor pendant 23 mois ne s’est pas montré supérieure à une bithérapie standard prolongée 12 mois suivie d’une monothérapie par aspirine seule pendant 12 mois supplémentaires, sur un critère associant mortalité globale et infarctus deux ans après une procédure d’angioplastie.

L’étude SMART-CHOICE est une étude coréenne multicentrique randomisée ouverte ayant inclus 3000 patients et dont l’objectif était de démontrer la non-infériorité d’une monothérapie antiagrégante plaquettaire par un inhibiteur P2Y12 (clopidogrel, prasugrel ou ticagrelor) comparée à une bithérapie conventionnelle prolongée 12 mois ou plus, chez des patients soumis à une angioplastie avec implantation de stent actif de dernière génération, dans le cadre d’une cardiopathie ischémique stable ou d’un syndrome coronarien aigu. La randomisation avait lieu après 3 mois de bithérapie instaurée au décours de l’angioplastie.

La monothérapie par P2Y12 s’est montrée non inférieure (p=0.007) à la bithérapie conventionnelle prolongée 12 mois sur le critère de jugement principal qui associait mortalité globale, infarctus myocardique et AVC à 12 mois. Le taux des thromboses de stent ne variait pas d’un groupe à l’autre. En revanche les complications hémorragiques (BARC 2-5) étaient réduites de 48% dans le groupe des patients traités par monothérapie P2Y12.

Ces résultats sont superposables à ceux de STOP-DAPT2 également présentés cette semaine à la New Orléans et qui comparait 1 mois de double antiagrégation suivi d’une monothérapie par un inhibiteur de P2Y12 à 12 mois de bithérapie.

Ces 2 études plaident en faveur d’une bithérapie antiagrégante plaquettaire de courte durée, relayée par une monothérapie par inhibiteurs P2Y12, après implantation d’un stent de dernière génération.

SMART-CHOICE Primary end point

 

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