Prévention des effets secondaires des SGLT2-i

Mis à jour le vendredi 10 décembre 2021
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Michel Galinier

Pr Michel Galinier
Service de cardiologie
CHU de Toulouse - Hôpital Rangueil 
Toulouse

Les effets secondaires des SGLT2-i, initialement rapportés au cours des essais thérapeutiques réalisés dans le diabète de type II, restent l'apanage des patients diabétiques et sont exceptionnels chez les insuffisants cardiaques.

Le risque d'infection urinaire et génitale, voire pelvienne, est en effet lié à l'augmentation de l'excrétion urinaire du glucose, qui n'apparaît que pour des glycémies > 0,8 g/L, donc essentiellement en cas de diabète. Un discret sur-risque d'infection génitale et/ou urinaire a cependant été retrouvé au cours des études réalisées dans l'insuffisance cardiaque, essentiellement en début de traitement, où, il est vrai, 50 % des patients inclus étaient diabétiques. Il peut être prévenu en conseillant aux patients d'augmenter leur hydratation au cours des premiers jours de traitement. De plus, il faut les informer de ce risque et les inciter à avoir une bonne hygiène intime.

Quant au risque d'acidocétose, dont la particularité sous SGLT2-i est d'être euglycémique, là encore, il est réservé aux patients diabétiques le plus souvent insulinopéniques. Cependant, les patients doivent être informés de ce risque pour consulter leur médecin en urgence en cas de survenue de symptômes évocateurs, nausées, vomissements, douleurs abdominales, troubles de la conscience, polypnée avec odeur acétonémique (pommes vertes), soif excessive… Cliniquement, il existe des signes de déshydratation et une hypothermie. Biologiquement, la cétonémie ou la cétonurie sont positives, le pH sanguin veineux <7,3, mais il n'existe pas d'hyperglycémie, les SGLT2-i contribuant à éliminer l'excès de glucose sanguin.

Les facteurs prédisposant à l'acidocétose sont une faible réserve de cellules bêta pancréatiques fonctionnelles, une absorption alimentaire réduite ou une déshydratation sévère, une réduction inappropriée des doses d'insuline, des besoins accrus en insuline, comme une affection médicale aiguë, une intervention chirurgicale ou une consommation excessive d'alcool. Ainsi, il faut interrompre les SGLT2-i chez les patients hospitalisés pour des interventions chirurgicales lourdes (au mieux trois jours avant) ou des maladies aiguës, ainsi que dans les autres cas d'absorption alimentaire réduite ou de risque de déshydratation et surveiller en cas de doute les corps cétoniques.

Quant au risque d'amputation, lié à l'hémoconcentration secondaire à l'effet diurétique des SGLT2-i, traduit par une augmentation de l'hématocrite de quelques %, il n'existe que chez les diabétiques artéritiques sévères. Ainsi, en cas de troubles trophiques, les SGLT2-i ne doivent pas être prescrits.
 
Enfin, le risque d'induire une hypotension artérielle symptomatique - liée à la diminution de la volémie induite par l'effet natriuretique et diurétique - est faible, même si, dans les études réalisées chez les diabétiques, ils diminuent en moyenne de 3 à 5 mmHg la systolique et de 1 à 2 mmHg la diastolique. Il peut être prévenu chez les insuffisants cardiaques euvolémiques lors de leur introduction par une diminution concomitante de la posologie de diurétique de l’anse, qui sera temporaire ou prolongée en fonction de l’évolution.

 

Retrouvez l'intégralité du dossier spécial "Les traitements de première ligne dans l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection altérée : recommandations et preuves d’efficacité"

 

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