Mort subite chez le sportif : une amélioration importante de la survie, mais une incidence stable

Mis à jour le mardi 24 septembre 2019
dans
Collège des Cardiologues en Formation

Auteur :
Jonathan Bialobroda
Membre du Collège des Cardiologues en Formation, Paris

D'après la communication du Pr. X. JOUVEN (Paris, France) « Temporal trends in sports-related sudden cardiac death ».

En direct de l'ESC Congress 2019

La mort subite du sportif est un événement particulièrement médiatisé. Arrivons-nous à faire mieux depuis dix ans ? L’objectif de cette étude était de comparer l’évolution de la survie après une mort subite à travers deux registres prospectifs franciliens entre la période de 2005 à 2010 versus 2011 à 2016 (360 patients au total).

Les résultats démontrent une amélioration importante de la survie (de 26% à 43%), notamment en rapport avec un taux de réanimation cardio-pulmonaire par les témoins plus important (de 46% à 81%) et une plus grande utilisation des défibrillateurs automatiques externes (de 1% à 12%). Les caractéristiques des patients (âge, sexe, proportion de cardiopathie connue, proportion de témoins) étaient similaires entre les 2 périodes. Néanmoins, l’incidence annuelle du nombre de morts subites chez les sportifs reste stable, soulignant les progrès qu’il reste à accomplir en termes de prévention.

Quelques perspectives sont évoquées pour améliorer encore la prévention et le pronostic des patients. On remarque que 50% des patients présentent des symptômes dans les heures ou jours précédents la mort subite. Ces symptômes « alarmes » qui sont le plus souvent négligés ou minimisés, devraient motiver plus souvent une consultation médicale. Le syndrome coronarien aigu est la principale cause de mort subite chez le sportif. Il faudrait tenter de discriminer les patients qui développeront une arythmie ventriculaire dans les minutes suivant l’ischémie myocardique (et les potentiels symptômes) ? L’augmentation exponentielle des appareils connectés enregistreurs du rythme cardiaque est une source immense d’informations, dont le traitement et l’analyse pourraient permettre d’identifier les patients à risque d’arrêt cardiaque à court terme.

Il semble donc qu’une éducation des patients sur les signes potentiellement annonciateurs et l’analyse en big data des enregistrements des différents nouveaux objets connectés devrait permettre la mise en place d’une nouvelle forme de prévention dite « sub-aigue » de la mort subite, en rapprochant par exemple le patient symptomatique à risque d’un défibrillateur externe et d’une personne pouvant commencer une éventuelle réanimation cardiopulmonaire si nécessaire.

Mort subite chez le sportif

 

Pour en savoir plus, consultez les résultats détaillés en langue anglaise présentés durant l'ESC 2019 : "Temporal trends in sport-related sudden cardiac death"

 

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