ISGLT2 : premières études chez le diabétique

Publié le vendredi 23 octobre 2020
dans
Pascal de Groote

Auteur :

Dr Pascal de Groote
Service de cardiologue, CHU, Lille

 

En toute logique, ces médicaments ont d’abord été testés chez le patient diabétique de type II. Ces dernières années, tous les antidiabétiques oraux ont dû prouver leur innocuité cardiovasculaire dans de grandes études de sécurité. Trois grandes études avec cette classe thérapeutique ont été publiées avec trois molécules différentes, l’empagliflozine [1], la canagliflozine [2] et la dapagliflozine [3]. Les critères d’inclusion de ces études sont assez similaires, avec des patients à risque cardiovasculaire et un diabète imparfaitement contrôlé. L’objectif principal était l’impact de ces différentes molécules sur les décès cardiovasculaires, les infarctus et les AVC non fatal. Ces trois molécules diminuent de manière significative et de manière analogue l’objectif principal (Tableau 1). Les résultats sont similaires dans de nombreux sous-groupes, sans interaction statistiquement significative. Ces molécules ont des effets métaboliques avec une diminution du taux d’hémoglobine glyquée, de l’uricémie et du cholestérol, mais aussi du poids et de la pression artérielle.

Tableau 1. Études de prévention chez le diabétique de type II (critères d’inclusion et résultat sur le critère principal décès cardiovasculaire, les infarctus et les AVC non fatal)

 

 

  EMPAREG-OUTCOME CANVAS DECLARE-TIMI 58
N 7020 10142 17160
Année de publication 2015 2017 2019
Molécules EMPAGLIFLOZINE CANAGLIFLOZINE DAPAGLIFLOZINE
Doses 10 / 25 mg 100 / 300 mg 10 mg
Critères d’inclusion

> 18 ans, atteinte cardiovasculaire

 

 

HbA1c ≥ 7% et ≤9% (non traité), ≤10% (traité)

> 30 ans + athérosclérose symptomatique

> 50 ans + 2 FdR

HbA1c ≥ 7% et ≤10.5%

> 40 ans, atteinte cardiovasculaire

H > 55 ans ou F > 60 ans + 1 FdR

HbA1c ≥ 6.5% et ≤12% (non traité)

Suivi médian 2.6 ans 2.4 ans 4.2 ans
HR [95%IC]

0.86 [0.74-0.99]

P <0.001 (NI)

P = 0.04 (supériorité)

0.86 [0.75-0.97]

P<0.001 (NI)

P = 0.02 (supériorité)

0.83 [0.73-0.95]

P <0.001 (NI)

P = 0.005 (supériorité)

 

 

FdR : facteurs de risque cardio-vasculaires ; F : femme ; H : homme ; HR = hazard ratio ; IC : intervalle de confiance ; NI = non-infériorité

Parmi les différences notables entre ces études, il faut retenir que l’empagliflozine diminue significativement la mortalité cardiovasculaire de 38 % et la mortalité totale de 32 %, ce qui n’est pas le cas, sur le plan statistique, avec les deux autres molécules. On peut également noter que le nombre de patients est différent. Ceci s’explique par les critères d’inclusion, EMPAREG-OUTCOME étant une étude de prévention secondaire où tous les patients avaient une atteinte cardiovasculaire, alors que les deux autres études ont inclus à la fois des patients en prévention secondaire et en prévention primaire.

La sécurité d’emploi est satisfaisante avec pour toutes ces molécules comme effet secondaire principal une augmentation des infections génitales. Si on avait constaté une augmentation significative des amputations distales (0.63% vs 0.34%/an) et des fractures (1.54% vs 1.19% /an) dans l’étude CANVAS avec la canagliflozine, ceci n’a pas été confirmé dans les autres études même celles avec cette molécule.

Références

[1] Zinman B, Wanner C, Lachin JM, Fitchett D, Bluhmki E, Hantel S, et al. Empagliflozin, Cardiovascular Outcomes, and Mortality in Type 2 Diabetes. N Engl J Med. 2015;373:2117-28.

[2] Neal B, Perkovic V, Matthews DR. Canagliflozin and Cardiovascular and Renal Events in Type 2 Diabetes. N Engl J Med. 2017;377:2099.

[3] Wiviott SD, Raz I, Bonaca MP, Mosenzon O, Kato ET, Cahn A, et al. Dapagliflozin and Cardiovascular Outcomes in Type 2 Diabetes. N Engl J Med. 2019;380:347-57.

 

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