Effets hémodynamiques des inhibiteurs de SGLT2

Mis à jour le vendredi 10 décembre 2021
dans
Richar Isnard

Pr Richard Isnard
Service de cardiologie
Hôpital Pitié-Salpêtrière
Paris

 

La divergence précoce des courbes d’événements en faveur de la dapagliflozine ou de l’empagliflozine observée dans les études DAPA-HF et EMPEROR Reduced laisse penser qu’il existe un effet hémodynamique ou diurétique précoce.

Dans les études DAPAHF et EMPEROR REDUCED, on observe, entre 8 et 12 mois sous gliflozine, une augmentation de la créatinine et de l’hématocrite, une baisse modérée du NT-pro-BNP, une baisse du poids de moins d’un kilogramme, et une baisse de la pression artérielle systolique d’environ 1 mmHg. La baisse du débit de filtration glomérulaire est précoce.

Il y a cependant peu de données sur les effets hémodynamiques des gliflozines dans l’ICRER. L’étude EMBRACE-HF avait pour but d’évaluer l’impact de l’empagliflozine sur les pressions pulmonaires. Elle a randomisé 65 patients ambulatoires insuffisants cardiaques (diabétiques ou non et quel que soit la FEVG) porteurs de CardioMEMS, (dispositif implantable permettant de monitorer en permanence la PA entre empagliflozine ou placebo en plus du traitement conventionnel. Les principales caractéristiques de ces patients étaient un âge de 70 ans et une FEVG moyenne autour de 45 %. On observe une baisse significative de la PAPd qui est assez précoce et qui s’accentue avec le temps avec une différence qui atteint presque 2 mmHg (1.7 mmHg) entre les deux groupes à 12 semaines. Cette baisse ne s’est pas accompagnée d’amélioration du score de qualité de vie ni de différence dans l’évolution des peptides natriurétiques.

Une autre étude a mesuré l’évolution de l’hémodynamique au repos et à l’effort après 12 semaines de traitement par empagliflozine en utilisant un cathéter de Swan-Ganz chez 70 patients dans une étude randomisée et contrôlée en double aveugle : la baisse de la pression capillaire au repos et à l’effort était significative dans le groupe empagliflozine par rapport à l’état basal, contrairement au groupe placebo, en prenant les valeurs cumulées aux différentes charges. Il n’y avait par contre aucun effet du traitement sur le débit cardiaque. Il est vraisemblable que les effets bénéfiques sur la pression capillaire pulmonaire soit largement médiée par la baisse de la précharge induite par la réduction volumique. Par contre, l’amélioration potentielle du métabolisme énergétique ne s’accompagne pas d’une amélioration du débit cardiaque.

 

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