Effet mémoire de la diminution du LDL cholestérol

Publié le jeudi 3 novembre 2022
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François Diévart

Dr François Diévart
Clinique Villette,
Dunkerque

Alors que les patients du groupe placebo d’un essai thérapeutique contrôlé ont été mis sous traitement à l’arrêt de l’essai, contribuant à diminuer leur LDL-cholestérol au même niveau que celui du groupe sous traitement, le bénéfice clinique initial observé sous traitement a continué à augmenter.

C’est l’enseignement principal de l’étude FOURIER-OLE, un suivi préspécifié après l’arrêt d’un essai thérapeutique contrôlé conduit en double aveugle contre placebo, de patients inclus dans cet essai. Il avait été conduit chez 27 564 patients ayant une maladie coronaire et/ou une maladie cérébrovasculaire et/ou une artérite des membres inférieurs et un taux plasmatique de LDL cholestérol (LDL-c) restant supérieur à 0,70 g/l sous statine.

Au terme de l’essai, 6 635 patients ont été suivis de façon prédéterminée pendant 5 ans et, quel que soit leur groupe d’inclusion dans l’essai, lors du suivi, ils ont tous reçu de l’évolocumab en ouvert. Le critère primaire était l’incidence des événements indésirables. Les événements cardiovasculaires majeurs (MACE) étaient un critère prédéterminé mais exploratoire et évalué de façon indépendante et les patients suivis, étaient comparables qu’ils aient été initialement sous traitement et sous placebo : âge moyen de 62 ans, 76 % d’hommes, 84 % d’antécédent d’IDM, 34 % de diabétiques et 76 % sous statine de forte puissance.

Dans l’ensemble de la cohorte entièrement traitée par évolocumab après l’arrêt de l’essai, le LDL-c a été en moyenne à 0,29 g/l pendant les 5 ans de suivi.

Entre le moment de l’arrêt de l’essai et le terme du suivi, il y a eu une différence significative entre les groupes selon leur groupe de randomisation en considérant le critère principal évalué dans l’essai contrôlé : incidence de 17,5 % dans le groupe initialement sous placebo et de 15,4 % dans le groupe initialement sous évolocumab (RR : 0,85 ; IC95 % : 0,75-0,96 ; p = 0,008). En reprenant l’ensemble de la période de suivi (FOURIER + FOURIER OLE) et en faisant une analyse du risque relatif de ces événements année par année, les courbes actuarielles d’événements divergent entre les groupes depuis l’inclusion jusqu’à la 5ème année puis deviennent ensuite parallèles.

L’étude FOURIER-OLE démontre donc qu’il est possible d’obtenir un LDL-c aussi bas que 0,3 g/l en moyenne pendant plus de 7 ans et ce, en utilisant de façon continue un anti-PSCK9 chez des patients traités par des statines à dose puissante. Plus encore, elle démontre qu’une telle diminution du LDL-c n’est pas associée à des effets indésirables notables et surtout, qu’il apparait un effet mémoire de la diminution du LDL-c : chez les patients initialement inclus dans le groupe évolocumab, l’incidence des événements cardiovasculaires majeurs a continué à diminuer pendant 3 à 4 ans, par rapport à celle observée chez les patients initialement inclus dans le groupe placebo, et ce, alors que les patients du groupe initialement sous placebo avait atteint un LDL-c équivalent dès lors qu’ils ont tous reçu un traitement par anti-PCSK9.

Ceci incite à une diminution aussi précoce et intense que possible du LDL-c en prévention cardiovasculaire secondaire.

Référence

O’Donoghue M., Giugliano R.P., Wiviott S.D. et al. Long-Term Evolocumab in Patients with Established Atherosclerotic Cardiovascular Disease. Circulation 2022. DOI:  10.1161/CIRCULATIONAHA.122.061620

 

Retrouvez l'intégralité du dossier spécial "Coronarien et LDLc : de l’actualité de l’ESC 2022 à la mise en pratique en France"

 

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