EXPLORER-HCM

Mis à jour le lundi 14 septembre 2020
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Auteur :

Martin Nicol
Paris

Contexte

La prévalence de la CMH sarcomérique est de 1/500. C’est la cause la plus fréquente de cardiomyopathie génétique. Environ 2/3 des patients développent une obstruction intraventriculaire gauche. Les traitements actuels utilisés dans la CMH (bêtabloquants, inhibiteurs calciques, disopyramide) n’interviennent pas sur le mécanisme causal de la maladie et peuvent être mal tolérés.

Le mavacamten agit sur les protéines cardiaques. En effet, il inhibe la myosine cardiaque pour réduire la formation excessive de ponts actine-myosine qui aboutit à une hypercontractilité, une hypertrophie ventriculaire gauche et une altération de la relaxation ventriculaire gauche.

Objectifs de l’étude

Tester l’efficacité et la sécurité du mavacamten chez des patients ayant une CMH obstructive.

Méthodes

  • Essai clinique de phase 3 multicentrique (68 sites, 13 pays), randomisé, en double aveugle contre placebo
  • Inclusion : CMH obstructive avec gradient ³ 50 mmHg avant ou après Vasalva au repos ou à l’effort et NYHA 2-3, FEVG > 55%
  • Exclusion : syncope ou troubles du rythme ventriculaire dans les 6 mois précédant l’inclusion, QTc> 500 ms, FA paroxystique ou intermittente sur ECG lors de l’inclusion
  • Intervention : mavacamten OU placebo pendant 30 semaines

Critère de jugement principal composite évalué à 30 semaines associant :

  • Soit une augmentation ≥ 1,5 mL/Kg/min du pic de VO2 avec une augmentation ≥ 1 point de la NYHA 
  • Soit une augmentation ≥ 3 mL/Kg/min du pic de VO2 sans détérioration de la NYHA.

Résultats

Il y a eu 251 patients randomisés, 73% des patients étaient en classe NYHA 2,  92% avaient un traitement par bêtabloquant et/ou inhibiteur calcique, et 19 patients avaient déjà bénéficié d’une thérapie de réduction septale.

Le CJP s’est produit chez 45 patients (37%) du groupe mavacamten et 22 patients (17%) du groupe placebo, p=0.0005.

Le traitement par mavacamten était associé à une amélioration de l’ensemble des critères de jugement secondaires : réduction significative du gradient d’obstruction intra VG, amélioration de la NYHA et du pic de VO2 et des indices de qualité de vie (Table) et réduction des taux de biomarqueurs cardiaques (NT-proBNP et troponine I).

Il n’y avait pas de différences concernant les effets indésirables car 11 patients (8%) ont rencontré un effet indésirable sévère dans le groupe mavacamten vs 20 (9%) dans le groupe placebo, pas plus d’insuffisance cardiaque ni de troubles du rythme ventriculaires dans le groupe mavacamten.

Conclusion

Ce nouveau traitement par inhibiteur de myosine, le mavacamten, a montré son efficacité en termes d’amélioration fonctionnelle (pic de VO2 et NYHA) chez des patients ayant une CMH sarcomérique obstructive en stade 2 ou 3 de la NYHA déjà traitée par bétabloqueurs et/ou inhibiteurs calciques.

EXPLORER-HCM

Référence bibliographique

D’après Olivotto et al, Lancet 2020.

 

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