EMMY : l’empagliflozine en post-infarctus immédiat réduit les indices d’insuffisance cardiaque post-infarctus

Mis à jour le lundi 24 octobre 2022
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Antonin Trimaille

Auteur :
Antonin Trimaille
Membre du Collège des Cardiologues en Formation,
Strasbourg

Charles Fauvel

Relecteur :
Charles Fauvel
Membre du Collège des Cardiologues en Formation,
Rouen

Albert Hagège

Sous la supervision de :
Albert Hagège
Président du Comité Éditorial de Cardio-online,
Paris

En direct de l'ESC Congress 2022

D'après la présentation de Harald Sourij (Graz, Autriche) : "Empagliflozin in patients with acute myocardial infarction”

Messages clés

  • Il y a peu de données concernant l’efficacité des inhibiteurs de SGLT2 chez les patients en phrase aiguë d’infarctus du myocarde.
  • L’objectif de EMMY était d’analyser si l’empagliflozine introduite dans les 72 heures suivant la revascularisation percutanée d’un infarctus du myocarde permettait d’améliorer la baisse du NT-proBNP et la récupération de la FEVG.
  • Les patients du groupe empagliflozine ont eu une réduction relative de leurs niveaux de NT-pro-BNP de 15 % à 26 semaines en comparaison avec ceux du groupe placebo.
  • Les paramètres de fonction diastolique et systolique ainsi que les diamètres ventriculaires gauches ont connu une amélioration significative dans le groupe empagliflozine.
  • L’empagliflozine administrée immédiatement après un infarctus du myocarde semble être un traitement prometteur pour améliorer la récupération de la fonction ventriculaire gauche en post-infarctus.

Introduction

  • Les inhibiteurs de SGLT2 ont démontré leur efficacité dans la réduction du risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque, de mortalité cardiovasculaire et de mortalité totale chez les patients avec IC à FEVG altérée et préservée. Les bénéfices sont précoces dès l’introduction du traitement.
  • L’objectif de EMMY était d’analyser si l’empagliflozine introduite dans les 72 heures suivant la revascularisation percutanée d’un infarctus du myocarde, permettait d’améliorer NT-proBNP et FEVG.

Méthodologie et résultats

  • EMMY est un essai contrôlé, randomisé, en double aveugle, empagliflozine 10 mg/jour ou placebo.
  • Les critères d’inclusion étaient : infarctus du myocarde avec PA >110/70 mmHg et une première dose du médicament administrée dans les 72 heures suivant la revascularisation.
  • Le critère de jugement principal était la différence entre les niveaux de NT-proBNP à l’admission et 26 semaines après. Les hospitalisations pour IC, la durée d’hospitalisation et la mortalité toutes causes étaient également analysés à titre exploratoire.

Au total, 476 patients ont été randomisés : 237 dans le groupe empagliflozine et 239 dans le groupe placebo (Figure 1).

Figure 1. Flow-chart de l’étude EMMY.

 Les caractéristiques principales des patients à l’inclusion sont montrées dans le Tableau 1.

Tableau 1. Caractéristiques principales des patients à l’inclusion.

 

Les patients étaient bien traités au moment de l’inclusion : 96 % sous IEC/ARA2, 95 % sous bétabloquant, 97 % sous statines et 100 % sous antiagrégant plaquettaire, sans différence majeure entre les groupes (Tableau 2).

Tableau 2. Traitements des patients à l’inclusion.

La valeur médiane du NT-proBNP à l’admission était de 1294 pg/mL. Les patients sous empagliflozine ont eu une réduction de leurs niveaux de NT-pro-BNP de 15 % à 26 semaines (95 % CI = -4.4 à -23/6, p=0.026) (Figure 2). Il faut noter que cette différence ne devenait significative qu’à partir de 12 semaines.

Figure 2. Évolution du NT-proBNP dans les deux groupes.

L’empagliflozine a permis une amélioration des paramètres échographiques de fonction systolique et diastolique du ventricule gauche, avec sous empagliflozine une amélioration de 1.5 % plus importante que ceux du groupe placebo à 26 semaines (95 % CI 0.2 à 2.9 %, p=0.029). Il en est de même pour E/e’ (- 6.8 % plus importante sous empagliflozine, p=0.015) et la diminution des diamètres du ventricule gauche à la 26ème semaine (p<0.001) (Figure 3).

Figure 3. Évolution des paramètres échographiques dans les deux groupes.

Il n’y a pas eu de différence majeure entre les deux groupes en termes d’hospitalisation pour IC ou événement cardiovasculaire. En revanche, on observe une proportion d’infection urinaire ou génitale plus importante chez les patients sous empagliflozine (18 % vs 8 % et 7 % vs 2 % respectivement).

Conclusion

Dans EMMY, l’empagliflozine a permis une réduction significativement plus importante du NT-proBNP 26 semaines après un infarctus du myocarde ainsi qu’une amélioration marquée des paramètres échographiques de fonction systolique et diastolique et du remodelage ventriculaire. Aucun signal sur des événements indésirables sévères n’a été observé.

Pour aller plus loin

  • L’empagliflozine administrée immédiatement après un infarctus du myocarde semble être un traitement prometteur pour réduire l’insuffisance cardiaque post-infarctus.

Figure clé. Empagliflozine suite à un infarctus du myocarde sévère

 

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