EHRA 2021 : étude EAST AFNET 4 - Analyse complémentaire

Mis à jour le mercredi 5 mai 2021
dans
Marie Wilkins

Auteur :

Dr Marie Wilkin
Marseille

 

EHRA 2021 sur cardio-online
En direct du congrès de l'EHRA 2021

D'après la présentation d'Andreas Metzner (Hamburg, Germany) : "Early treatment of atrial fibrillation for stroke prevention trial".

EAST AFNET 4 a été publiée en 2020 (1) ; il s’agit d’une étude multicentrique internationale, randomisée, évaluant l’intérêt de la prise en charge précoce de la FA par stratégie de contrôle du rythme. Au total, 2789 patients ayant une FA évoluant depuis moins d’un an et un score de CHA2DS2VASc ≥ 2 ont été randomisés. Le critère principal était un composite de mortalité, AVC et effets secondaires graves du traitement de contrôle du rythme. L’étude avait été interrompue après une médiane de suivi de 5,1 ans pour efficacité de la stratégie de contrôle du rythme [-21% de survenue du critère primaire, HR 0,79 (0,66-0,94)]. Andreas Metzer présentait ici une analyse complémentaire des traitements délivrés.

Méthodologie

Il s’agit d’une étude randomisée, ouverte, en 2 groupes parallèles : 1395 patients ont bénéficié d’une stratégie de contrôle précoce du rythme et 1394 d’une prise en charge habituelle soit avec contrôle initial de la fréquence et en cas de contrôle insuffisant, des symptômes prise en charge par contrôle du rythme.

Le critère de jugement principal combiné était la survenue d’un décès cardio-vasculaire, d’un AVC (ischémique ou hémorragique), d’une hospitalisation pour insuffisance cardiaque ou d’un syndrome coronarien aigu.

Résultats principaux

Il est rappelé qu’il existait une réduction significative du critère de jugement principal de 21% chez les patients bénéficiant d’une prise en charge par contrôle précoce du rythme.

Les patients sont traités par anticoagulants dans plus de 90% des cas : AOD dans 60% des cas et antivitamine-K dans 30%. Les co-morbidités, HTA, insuffisance cardiaque et diabète ont été prises en charge de façon similaire dans les 2 groupes. Un traitement ralentisseur a été très souvent utilisé dans les deux groupes, en accord avec les recommandations européennes. Le traitement médicamenteux antiarythmique était lui aussi en accord avec les recommandations dans 97% des cas. Le nombre de visites a été très légèrement supérieur de 0,19 visite par patient en moyenne dans le groupe contrôle du rythme (2.13 vs 1.94 visites par patient tout au long de l’étude). L’ablation a été utilisée dans 25% des cas dans le groupe contrôle du rythme, le plus souvent après échec des antiarythmiques. En plus du groupe dans lequel les patients ont été affectés, la localisation géographique du patient (dans un autre pays que l’Italie, l’Espagne ou la Pologne), l’inclusion dans un centre disposant des techniques d’ablation, le jeune âge, l’absence de diabète et la FA paroxystique sont les facteurs qui ont influencé la réalisation d’une ablation.

Conclusion

Les analyses complémentaires de l’étude EAST AF4 montrent que le contrôle précoce et systématique du rythme dans la FA est associé à une diminution significative des évènements cardio-vasculaires et thromboemboliques, en plus du traitement conventionnel et ralentisseur bien conduits. Ce résultat est obtenu sans augmentation importante du nombre de consultations médicales. Des différences géographiques et d’accession aux techniques d’ablation apparaissent dans l’application des traitements de contrôle du rythme.

Références :

  1. Kirchhof P, Camm AJ, Goette A, Brandes A, Eckardt L, Elvan A, et al. Early rhythm-control therapy in patients with atrial fibrillation. New England Journal of Medicine. 2020;383(14):1305-16.

 

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