Dapaglifozine, insuffisance cardiaque et insuffisance rénale

Mis à jour le mercredi 16 septembre 2020
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Auteur :

Charles Fauvel
Rouen

L’ESC 2020 a été l’occasion d’une présentation de résultats complémentaires sur l’efficacité de la dapaglifozine dans l’IC à FE altérée avec deux sous-analyses de l’étude DAPA-HF et également un essai de phase 3 dans l’insuffisance rénale chronique.

Docherty et al, a présenté une analyse post-hoc de DAPA-HF dont l’objectif était d’étudier l’effet de la dapaglifozine en fonction du risque de morbimortalité de l’IC à l’inclusion. Ce risque était calculé grâce au score MAGGIC (Meta-analysis global group in chronic heart failure) basé sur 13 variables dont l’âge, le sexe, la classe NYHA, les traitements à l’inclusion, la FEVG (score maximal de 57).

Le score médian était de 22 (3-43). Les taux de décès cardiovasculaires ou hospitalisations pour IC (critère de jugement principal) étaient respectivement de 7.2% et 25.7% dans le 1er et 3ème quartile. Une augmentation d’un point du score MAGGIC était associé à une augmentation de 8% du critère de jugement principal (p<0.001). Le nombre de patients à traiter pour éviter un décès cardiovasculaire ou hospitalisation pour IC était de 39 dans le 1er quartile comparé à 14 dans le 2nd quartile.

Cette étude démontre tout d’abord que l’étude DAPA-HF a inclus des patients avec une grande hétérogénéité de gravité d’IC à FEVG altérée et que la dapaglifozine réduit significativement le risque de décès cardiovasculaires ou hospitalisations pour IC, quelle que soit la gravité de l’IC selon le score MAGGIC.  

 

L’hyperkaliémie limite parfois l’utilisation de certaines classes thérapeutiques de l’IC à FEVG altérée comme les antagonistes des minéralocorticoides (MRA). 

L’objectif de l’étude de Kristensen et al, était de déterminer si les inhibiteurs de SGLT2 permettent de réduire le risque d’hyperkaliémie, associés aux MRA dans le contexte d’IC à FEVG altérée au sein de l’étude DAPA-HF.

Dans DAPA-HF, 3370 (70.1%) patients étaient traités par MRA. Une hyperkaliémie modérée à sévère était présente dans 11.1% et 1.4% des cas sous dapaglifozine versus 12.6% et 2.4% sous placebo soit un HR=0.86, IC95% [0.70-1.05] en cas d’hyperkaliémie modérée (≥ 5.5 mmol/L) et HR=0.50, IC95% [0.29-0.85], p=0.01 en cas d’hyperkaliémie sévère (> 6.0 mmol/L).

Cette étude montre que les patients sous dapaglifozine et traités par MRA avaient une diminution significative du risque d’hyperkaliémie.

 

Enfin, l’étude DAPA-CKD présentée par Hiddo Heerspink, cherchait à démontrer les bénéfices de la dapaglifozine sur un critère composite associant dégradation de la fonction rénale (diminution de ≥50% du DFG), l’apparition d’une insuffisance rénale chronique (IRC) terminale (DFG < 15 ml/min/1.73 m2), la nécessité d’une dialyse ou d’une transplantation rénale, ou le décès d’origine cardiovasculaire ou rénal.

Cette étude multicentrique (386 centres dans 21 pays), a inclus 4304 patients ayant un DFG entre 25 et 75mL/mn/1,73m2 et un rapport albuminurie/créatininurie entre 200mg/g et ≤5000mg/g et les a randomisés entre dapaglifozine et placebo en plus du traitement recommandé en cas d’IRC. Les critères de jugements secondaires étaient les composantes du critère de jugement principal pris de façon indépendante.

La moyenne d’âge était de 61.8 ans, en majorité des hommes (66.9%), 67.5% avec un diabète de type 2 et tous recevaient un IEC/ARA2 depuis au moins 1 mois. Après un suivi médian de 2.4 ans, l’étude a été stoppée prématurément en raison de la supériorité de la dapaglifozine par rapport au placebo avec une réduction du risque relatif de 39% (p=0.000000028) sur le critère de jugement principal, soit un nombre de sujets à traiter de 19 pour éviter un évènement. La dapaglifozine réduisait aussi le risque de dégradation de la fonction rénale et de mortalité rénale de 44% (p<0.0001).

Cette étude est la première à démontrer un bénéfice des inhibiteurs de SGLT2 chez les patients ayant une insuffisance rénale chronique sur la réduction du nombre d’évènements cardio-vasculaires et rénaux ainsi que sur la prévention de la dégradation de la fonction rénale, indépendamment du statut diabétique.

Référence bibliographique

D’après les présentations respectives à l’ESC 2020 :

  • Kieran Docherty (Glasgow, United Kingdom of Great Britain), The effect of dapaglifozin across the spectrum of baseline risk: a post-hoc analysis of DAPA-HF
  • Soeren Lund Kristensen (Hellerup, Danemark), “Dapaglifozin reduces the risk of hyperkaliemia in patients with heart failure and reduced ejection fraction: a secondary analysis of DAPA-HF.
  • Hiddo Heerspink (Groningen, Pays-Bas), "DAPA-CKD - Dapagliflozin in Patients with Chronic Kidney Disease".

 

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