Envelopper les pacemakers pour diminuer les infections : to wrap or not to wrap ?

Publié le mardi 19 mars 2019
dans

ACC 2019
Le congrès de l'American College of Cardiology (ACC) 2019

WRAP-IT: The World-Wide Randomized Antibiotic Envelope Infection Prevention Trial to Reduce Cardiac Implantable Electronic Device Infection

Yves Cottin
Pr. Yves Cottin
Service de cardiologie
CHU Dijon - Hôpital du Bocage (Dijon)

 

Le nombre de prothèse implantées ne cessent de croitre et le pourcentage d’infections reste stable entre 1-4%, avec des ré-interventions, des antibiothérapies et hospitalisations prolongées, et une augmentation de morbi-mortalité. Ce travail utilise une enveloppe de polymère permettant la diffusion d’antibiotiques en local pendant 7 jours (minocyline et rifampicyne), enveloppe totalement biodégradée en 9 semaines (Figure 1).

Figure 1

WRAT-IT est une étude internationale multicentrique (1/1) en ouvert qui a inclus 6983 patients devant bénéficier d’un pacemaker ou d’un défibrillateur randomisés en 2 groupes, l’un avec enveloppe (3495 patients) et l’autre sans enveloppe (3488 patients). Il n’y avait que 3 critères d’exclusion : infection de prothèse dans les 12 mois précédents, insuffisance rénale chronique dialysée,  traitement immunosuppresseur. Le critère de jugement principal était l’infection majeure de prothèse, définie par une cellulite superficielle avec déhiscence de la plaie, érosion ou drainage purulent, une infection profonde de la poche ou de l’incision, et une bactériémie persistante et/ou une endocardite, associées à au moins un des critères suivants : retrait de la prothèse, procédures invasives au niveau de la prothèse, traitement antibiotique prolongé si le patient n'était pas candidat au retrait du système, décès.

A 12 mois, les auteurs mettent en évidence une réduction significative des infections majeures avec l’enveloppe, 0.7 % vs 1.2 % (p=0.04, -40 %) (Figure 2), en particulier des infections de loge (0.4 % vs 1 %), sans plus de complications liées à la procédure ou au système que ceux qui n'en ont pas reçu.

Figure 2

Cette nouvelle approche semble prometteuse et surtout devrait permettre une personnalisation de l’antibiothérapie en termes de molécules utilisées mais également de durée de délivrance.

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