DECLARE-TIMI 58 : effet de la dapagliflozine sur l'insuffisance cardiaque et la mortalité chez les DNID

Publié le mardi 19 mars 2019
dans

ACC 2019
Le congrès de l'American College of Cardiology (ACC) 2019

DECLARE-TIMI 58: Effect of Dapagliflozin on Heart Failure and Mortality in Type 2 Diabetes Mellitus Based on Ejection Fraction 

Ariel Cohen
Pr. Ariel Cohen
Service de cardiologie
Hôpital Saint-Antoine (Paris)

 

DECLARE-TIMI 58 a testé la dapaglifozine, inhibiteur SGLT2, chez des diabétiques de type 2, et a montré que le traitement réduisait décès cardiovasculaires et hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Cependant, l’impact de la FEVG à l’état basal sur le bénéfice clinique de cette classe d’hypoglycémiants oraux restait inconnu.

Les inhibiteurs SGLT2 pourraient favoriser le remodelage cardiaque reverse, réduire la tension pariétale ventriculaire gauche. Chez les patients diabétiques sans antécédent d’infarctus du myocarde ou de maladie cardiovasculaire avérée, mais ayant de multiples facteurs de risque, les inhibiteurs SGLT2 réduisent l’insuffisance cardiaque incidente et l’aggravation de la fonction rénale. Chez les patients ayant un risque cardiovasculaire moindre, les inhibiteur SGLT2 ne semblent pas réduire le risque d’événements cardiovasculaires.

DECLARE-TIMI 58 a évalué l’influence des antécédents d’insuffisance cardiaque et de la fraction d’éjection VG (FEVG<45%) lorsqu’elle était disponible à l’état basal. Le critère de jugement, décès cardiovasculaire ou hospitalisation pour insuffisance cardiaque ainsi que ses composantes, ont été étudiés, de même que la mortalité toutes causes. Parmi les 17160 patients, 671 (3,9%) avaient une insuffisance cardiaque à FEVG altérée, 1316 (7,7%) une insuffisance cardiaque sans réduction connue de la FEVG, et 15173 patients (88,4%) n’avaient pas d’antécédent d’insuffisance cardiaque.

La dapaglifozine réduit le critère principal de jugement plus fréquemment chez les patients ayant une insuffisance cardiaque à FEVG altérée (HR 0,62) comparativement aux patients n’ayant pas d’insuffisance cardiaque à FEVG altérée (HR 0,88, p=0,0046), pour lesquels l’effet du traitement par dapaglifozine était similaire chez ceux ayant une insuffisance cardiaque sans FEVG altérée connue (HR=0,88) ainsi que chez les patients sans insuffisance cardiaque (HR=0,88). La réduction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque par la dapaglifozine est équivalente dans les 2 groupes, avec (HR=0,64) ou sans insuffisance cardiaque à FEVG altérée (HR=0,76). La réduction des décès cardiovasculaires n’est observée que dans le groupe de patients ayant une insuffisance cardiaque à FE altérée (HR=0,55) mais n’a pas été observée dans le groupe sans insuffisance cardiaque à FEVG altérée. Par ailleurs, la dapaglifozine réduit la mortalité toutes causes chez les patients ayant une insuffisance cardiaque à FEVG altérée (HR=0,59) mais pas chez les patients n’ayant pas d’altération de la FEVG (HR=0,97).

Ainsi, la dapaglifozine réduit le taux d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez les patients qu’il y ait ou non une insuffisance cardiaque à FEVG altérée, réduit le risque de décès cardiovasculaires et la mortalité toutes causes chez les seuls patients ayant une insuffisance cardiaque à FEVG altérée.

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