Canal lombaire étroit, un marqueur d’amylose cardiaque ATTR

Mis à jour le jeudi 29 septembre 2022
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Marc Antoine Delbarre

Dr Marc-Antoine Delbarre
Médecine interne
Amiens

D’après la communication de Laura de Michieli, Mayo Clinic, Rochester, Etats-Unis, intitulée "L’antécédent de canal lombaire étroit est prédictif d’évènement cardio-vasculaires", et présentée lors du congrès de l'ISA 2022

Introduction

L'amylose cardiaque à transthyrétine de type sauvage (ATTR-CM) est encore sous-diagnostiquée.

20 à 30% des patients atteints d’ATTR-CM ont présenté un canal lombaire étroit (CLE) dans les 5 à 10 ans précédant le diagnostic de l’atteinte cardiaque.

En parallèle, des dépôts d'ATTR sont fréquemment trouvés dans le ligament jaune après une chirurgie de la CLE.

Cependant, l'association entre le diagnostic de CLE et le développement de l'ATTR-CM au fil du temps reste à clarifier.

Objectifs

En suivant l'hypothèse que le CLE est une manifestation précoce de l'ATTR-CM, les patients atteints de CLE devraient présenter des taux plus élevés d'événements cardiovasculaires (CV) et une survie globale moins bonne.

Si cela s'avérait vrai, le screening des patients atteints de CLE pourrait être discuté.

Méthodes

Cette étude s’intéresse à une cohorte rétrospective de patients âgés de 50 à 90 ans et ayant des antécédents de CLE entre 1995 et 2015, identifiés à l’aide du projet épidémiologique de Rochester. Les antécédents de diagnostic et/ou de chirurgie de CLE étaient basés sur les codes CIM. Chaque cas était apparié sur l'âge et le sexe à 3 témoins (CNTRL) sans antécédent de CLE.

Plusieurs critères de jugement étaient analysés : la survie, l'insuffisance cardiaque congestive (ICC), la fibrillation/flutter auriculaire (FA), l’implantation d'un stimulateur cardiaque/défibrillateur (PM/DAI). Le critère de jugement composite cardiaque comprenait n'importe laquelle de ces manifestations cardiaques.

Résultats

Un total de 6 371 cas de CLE et 16 924 CNTRL étaient inclus. L'âge médian des cas de CLE était de 68 ans, 45 % étaient des hommes et 17 % avaient une chirurgie du CLE (cohorte opératoire).

Le diagnostic de CLE était associé de manière significative au risque d'ICC par rapport au CNTRL (Figure 1, HR = 1,78, IC 95 % : 1,74 1,82 ; p < 0,0001), contrairement à la cohorte opératoire (HR = 0,89, IC 95 % : 0,85 ; 0,93 ; p < 0,0001).

Le CLE était également associé à la FA et l’implantation de PM/DAI. L'incidence cumulée du critère composite était significativement plus élevée en cas de CLE (HR = 1,62, IC 95 % : 1,62 - 1,66 ; p < 0,0001).

Un total de 7 013 décès était rapporté, avec un suivi médian de 8,3 ans (IC 95 % : 8,2 - 8,5). La survie globale était significativement plus mauvaise en cas de CLE par rapport aux CNTRL (HR = 1,10, IC 95 % : 1,05 - 1,15 ; p < 0,0001).

Figure 1 : incidence cumulée d'ICC chez les patients avec et sans canaux lombaires étroits
CLE : canal lombaire étroit, CNTRL : contrôles

Conclusion

Le diagnostic de CLE était associé à un risque accru d'événements CV compatibles avec l'ATTR-CM et à une moins bonne survie globale.

Ce risque n’était pas retrouvé en cas de chirurgie de CLE, soulignant l’importance de bons interrogatoire et examen clinique.

Enfin, ces données soutiennent le dépistage de l’ATTR-CM chez les patients aux antécédents de CLE et de manifestations cardio-vasculaires.

 

Retrouvez l'intégralité du dossier spécial "ISA 2022"

 

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