L’amélioration du pronostic du diabète

Mis à jour le mercredi 16 décembre 2020
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Auteur :

Patrice Darmon

Professeur Patrice Darmon
Hôpital de la Conception, Marseille

 

Réduction séculaire de l’incidence des IDM et des décès chez les patients diabétiques de type 2 nouvellement diagnostiqués

Gyldenkerne C et al (Danemark). Nationwide trends for myocardial infarction and mortality among type 2 diabetes patients, ESC 2020

Si le diabète expose toujours à un fort excès de risque de morbi-mortalité cardiovasculaire, plusieurs études épidémiologiques publiées ces dernières années montrent que la prévalence des complications cardiovasculaires diminue progressivement chez les patients diabétiques et que l’écart avec la population générale se réduit à mesure que le dépistage et la prise en charge des facteurs de risque s’améliorent (1-2). L’évolution du pronostic cardiovasculaire des patients présentant un diabète de type 2 nouvellement diagnostiqué et initialement indemnes de pathologie cardiovasculaire reste mal connue, et c’est tout l’objet de cette étude de cohorte danoise visant à analyser l’évolution de l’incidence des infarctus du myocarde et de la mortalité dans cette catégorie de patients depuis 1996. À partir d’un registre national, les auteurs ont pu identifier 211 278 patients de plus de 30 ans chez qui un diagnostic de diabète de type 2 a été porté lors de quatre périodes temporelles distinctes (1996-1999, 2000-2003, 2004-2007, 2008-2011) et tous en prévention cardiovasculaire primaire ; ces patients ont été comparés à des sujets contrôles issus de la population générale appariés sur l’âge et le sexe (âge moyen 61,5 ans, hommes 55%), avec 5 sujets contrôles pour un diabétique. Le suivi moyen était de 7 ans, au cours desquels l’utilisation des traitements à visée cardiovasculaire a également été collectée.

Chez ces sujets diabétiques initialement indemnes de maladie cardiovasculaire, l’incidence des IDM et des décès dans les 7 ans suivant le diagnostic de diabète de type 2 a progressivement diminué passant respectivement de 6,9% et 28,8% chez les patients diagnostiqués entre 1996 et 1999 à 2,8% (HR 0,39 [IC95% 0,37-0,41]) et 16,6% (HR 0,59 [IC95% 0,57-0,60]) chez ceux diagnostiqués entre 2008 et 2011. L’écart entre les diabétiques et les sujets contrôle se réduit avec le temps : l’excès d’incidence des IDM et des décès passe respectivement de 3,2% et 9,7% chez les patients diagnostiqués entre 1996 et 1999 à 0,6% et 4,5% chez ceux diagnostiqués entre 2008 et 2011 (Figure 1 et 2).

En dépit de ses limites méthodologiques qui ne permettent ni d’appréhender les autres déterminants de cette évolution ni de généraliser ses conclusions à d’autres populations que la population danoise, cette étude illustre une amélioration spectaculaire du pronostic cardiovasculaire des patients avec un diabète de type 2 depuis 20 ans. Cette amélioration du pronostic est parallèle à une augmentation significative des prescriptions des traitements à visée cardiovasculaire (statines et ARA2 surtout, mais aussi IEC, inhibiteurs calciques, thiazidiques, bétabloquants, aspirine) chez les patients diabétiques de type 2. On peut aisément imaginer que le recours de plus en plus fréquent aux antidiabétiques ayant fait la preuve d’un bénéfice cardiovasculaire et/ou rénal (agonistes des récepteurs du GLP-1, inhibiteurs de SGLT2) devrait permettre d’améliorer encore les choses dans les années à venir.

Références

  1. Rawshani A et al. N Engl J Med 2017;376:1407-18
  2. Gregg EW et al. Lancet 2018;391:2430-40

Retrouvez l'intégralité du dossier spécial "Diabète et insuffisance cardiaque"

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