AOD : pleines et demi-doses, aussi efficaces ?

Publié le mardi 30 juin 2020
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Auteur :

Orianne Weizman
CCF, Nancy

Les trois AOD sont disponibles dans un dosage plein et un dosage réduit, selon des critères propres à chaque molécule, notamment la fonction rénale (ainsi que l’âge et le poids pour l’apixaban). Du fait de l’absence de contrôle de l’intensité de l’anticoagulation sous AOD et de l’existence de dosages réduits, il a été constaté que la prescription à dose réduite était plus fréquente que ce qu’elle devrait être selon le résumé des caractéristiques produits.

L’étude américaine ORBIT-AF II montre que parmi les patients recevant un dosage réduit, seulement 43% y étaient effectivement éligibles. [1] Pourtant, chez les patients sans indication de dosage réduit, l’efficacité sur le risque ischémique diminue sans bénéfice sur le risque hémorragique. [1] Chez ceux, en revanche, qui sont éligibles à un dosage réduit, le bénéfice sur le risque ischémique est accru par rapport aux AVK, sans augmentation du risque hémorragique.[2]

L’étude française BROTHER [3], basée sur les données SNIIRAM (système national d’information inter-régimes de l’Assurance Maladie), a comparé dosages standards et réduits de rivaroxaban et dabigatran. Chez les patients éligibles à une pleine dose, le dabigatran (150mg x 2/jour) donne moins d’évènements hémorragiques que le rivaroxaban (20mg x 1/jour), avec une efficacité identique sur le risque ischémique. Il en est de même pour les dosages réduits, avec un profil de sécurité meilleur pour le dabigatran sans moindre efficacité sur le risque ischémique. Il est intéressant de noter que cette étude comparait les patients sous dosage réduit « en vraie vie », que ce soit en accord ou non avec le résumé des caractéristiques produits. Il est difficile de savoir si ce résultat favorisant le dabigatran est applicable quand les indications de réduction de dose sont strictement respectées.

 

Figure 1 : étude ORBIT-AF II montrant les proportions de patients avec un dosage approprié selon l’AOD utilisé. Adaptée de Steinberg BA, Shrader P, Pieper K, Thomas L, Allen LA, Ansell J, et al. Frequency and Outcomes of Reduced Dose Non-Vitamin K Antagonist Anticoagulants: Results From ORBIT-AF II (The Outcomes Registry for Better Informed Treatment of Atrial Fibrillation II). J Am Heart Assoc 2018;7. [1]

Bibliographie         

  1. Steinberg BA, Shrader P, Pieper K, Thomas L, Allen LA, Ansell J, et al. Frequency and Outcomes of Reduced Dose Non-Vitamin K Antagonist Anticoagulants: Results From ORBIT-AF II (The Outcomes Registry for Better Informed Treatment of Atrial Fibrillation II). J Am Heart Assoc 2018;7.
  2. Wang K-L, Lopes RD, Patel MR, Büller HR, Tan DS-Y, Chiang C-E, et al. Efficacy and safety of reduced-dose non-vitamin K antagonist oral anticoagulants in patients with atrial fibrillation: a meta-analysis of randomized controlled trials. Eur Heart J 2019;40:1492–500.
  3. Blin P, Dureau‐Pournin C, Cottin Y, Bénichou J, Mismetti P, Abouelfath A, et al. Comparative Effectiveness and Safety of Standard or Reduced Dose Dabigatran vs. Rivaroxaban in Nonvalvular Atrial Fibrillation. Clin Pharmacol Ther 2019;105:1439–55.

 

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