EARLY-AF : l’ablation précoce de FA fait mieux que l’antiarythmique sur les récidives !

Publié le mercredi 18 novembre 2020
dans

Auteur :
Docteur Olivier Piot
Centre cardiologique du Nord (CCN), Saint-Denis

 

AHA 2020
En direct de l'AHA Congress 2020

D’après la présentation de Jason Andrade (Vancouver, Canada), "Early Invasive Intervention for Atrial Fibrillation". 

Pour les patients ayant une FA symptomatique malgré un traitement antiarythmique, l’ablation est une indication de classe I dans les recommandations internationales. Récemment, l’étude EAST-AFNET 4 (près de 2800 patients avec FA récemment diagnostiquée et un suivi moyen de 5 ans) a montré que l’initiation précoce du contrôle du rythme par antiarythmiques et/ou ablation était plus efficace sur un critère combiné de morbi-mortalité que le traitement habituel avec un objectif de contrôle de la fréquence. L’ablation de FA paroxystique en première intention donc proposée plus tôt est-elle plus efficace sur le contrôle de l’arythmie et les symptômes que le traitement antiarythmique ?   

Méthodes

Ce sont 303 patients, d’âge moyen 58 ans, ayant une FA paroxystique récente (médiane 1 an avec une moyenne de 3 épisodes symptomatiques), qui ont été implantés d’un moniteur ECG permettant de détecter en continu tous les épisodes de FA et randomisés soit dans le groupe cryoablation, soit dans le groupe antiarythmique.

Une période de 3 mois de « blanking » a été observée dans les deux groupes, dans le groupe ablation comme cela se fait en pratique clinique quotidienne et dans le groupe antiarythmique pendant laquelle le traitement médicamenteux a été augmenté à la dose maximale tolérée pour contrôler la FA (le plus souvent par flécainide à une dose médiane de 200 mg).

Après cette période et jusqu’à un an, la survenue de tout épisode de FA a été évaluée ainsi que les symptômes et la qualité de vie.

Résultats 

Une récidive de FA jusqu’à un an a été observée dans 43 % du groupe ablation contre 68 % dans le groupe antiarythmique (RR=-52%, p<.001).

Concernant la récidive symptomatique de FA, la différence est nette avec 11 % dans le groupe ablation contre 26 % dans le groupe antiarythmique (RR=-61 %, p<.001).

Les critères de qualité de vie à un an sont nettement plus améliorés dans le groupe ablation.

Le taux de complications sévères a été faible dans les deux groupes.

Conclusions

Plusieurs études antérieures ont montré des résultats contradictoires concernant l’ablation en première intention, avec cependant des résultats positifs d’une méta-analyse qui avaient encouragé la mise en place de nouvelles études. L’étude STOP-AF First, publiée en même temps que EARLY-AF dans le NEJM, donne des résultats positifs en termes de récidive de FA pour l’ablation en première intention par rapport aux antiarythmiques.

L’étude EARLY-AF démontre donc avec une méthodologie très rigoureuse la supériorité de l’ablation de FA paroxystique en première intention sur le traitement antiarythmique pour diminuer les récidives de FA, notamment symptomatique.

Figure : critère d’évaluation primaire : absence de récidive de FA sur le suivi continu par le moniteur ECG.

Pour en savoir plus, consultez l'étude parue en langue anglaise dans le NEJM : "Cryoablation or Drug Therapy for Initial Treatment of Atrial Fibrillation".

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