PRADA : les ARAII et les bêtabloquants ne préviennent pas la cardiotoxicité à long terme des chimiothérapies du cancer du sein

Mis à jour le jeudi 20 mai 2021
dans
Guillaume Bonnet

Auteur :
Guillaume Bonnet
Bordeaux

A.A. Hagège

Relecture :
Pr Albert Hagège
Paris

ACC21 sur Cardio-online
En direct du congrès de l'ACC 2021

D'après la présentation de Siri Lagethon Heck (Lørenskog, Norvège) : “Prevention Of Cardiac Dysfunction During Adjuvant Breast Cancer Therapy (PRADA): Long-term Follow-up Of A 2 X 2 Factorial, Randomized, Placebo-controlled, Double-blind Clinical Trial Of Candesartan And Metoprolol”.

Publication synchrone dans Circulation.

Le traitement adjuvant contemporain du cancer du sein précoce est associé à une amélioration de la survie mais au prix d'un risque accru de cardiotoxicité. Cette étude visait à évaluer les effets à long terme du candesartan et du metoprolol ou de leur association pour prévenir la cardiotoxicité des anthracyclines, avec ou sans trastuzumab et radiothérapie.

Méthodes

Dans le cadre d'un essai factoriel 2 × 2, randomisé, contrôlé par placebo et en double aveugle, 120 femmes adultes (âge moyen : 50 ans) atteintes d'un cancer du sein précoce et ne présentant aucune comorbidité grave, ont été assignées à prendre candesartan, metoprolol, ou leurs placebos, parallèlement au traitement anticancéreux (5-FU, epirubicine, cyclophosphamide, trastuzumab 20 %, taxanes 80 %). Les médicaments de l'étude ont été interrompus après le traitement anticancéreux. Le principal critère d'évaluation était la variation de FEVG évaluée par IRM entre l’inclusion et le suivi à 2 ans. Les résultats secondaires comprenaient les changements de volumes ventriculaires gauches, le pic de strain global longitudinal en écho et les concentrations de troponine circulante.

PRADA : les ARAII et les bêtabloquants ne préviennent pas la cardiotoxicité à long terme des chimiothérapies du cancer du sein

Résultats

À 2 ans, il n’y a pas de bénéfice du candesartan ou du metropolol sur le déclin de la FEVG (p = 0,73). Le traitement par candesartan pendant le traitement adjuvant a été associé à une réduction significative du volume télédiastolique du ventricule gauche par rapport au groupe sans candésartan (P = 0,021) et à un déclin atténué du strain (P = 0,046). Aucune différence entre les groupes quant aux modifications des concentrations de troponines I et T cardiaques n'a été observée.

PRADA : les ARAII et les bêtabloquants ne préviennent pas la cardiotoxicité à long terme des chimiothérapies du cancer du sein

Conclusions

Chez les patientes traitées pour cancer du sein précoce par des schémas adjuvants contenant des anthracyclines, avec ou sans trastuzumab et radiothérapie, le traitement concomitant par ARAII et/ou bêtabloquer n’apporte pas de protection contre le déclin à 2 ans de la fonction ventriculaire gauche, bien que l’ARAII soit associé à une réduction modeste du volume télédiastolique et à une préservation du strain global du ventricule gauche. Ces résultats suggèrent qu'une approche cardioprotectrice administrée à grande échelle n'est peut-être pas nécessaire chez la plupart des patientes atteintes d'un cancer du sein précoce sans maladie cardiovasculaire préexistante. Ces résultats vont dans le sens des résultats des études MANTICORE et CECCY, démontrant le faible bénéfice du blocage neuro-hormonal dans le cancer du sein.

 

Pour consulter le document complet en langue anglaise présenté lors de l'ACC et accéder aux résultats détaillés, cliquez ici : “Prevention Of Cardiac Dysfunction During Adjuvant Breast Cancer Therapy (PRADA): Long-term Follow-up Of A 2 X 2 Factorial, Randomized, Placebo-controlled, Double-blind Clinical Trial Of Candesartan And Metoprolol”.

 

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