Angioplastie coronaire guidée par imagerie et physiologie, sans administration de produit de contraste dans l’insuffisance rénale sévère : résultats d’une étude de sécurité et de faisabilité

Sélectionné dans European Heart Journal par Pascale Chemaly, Rodrigue Garcia
mardi 6 décembre 2016
  • Auteurs : Ziad A. Ziad A. Ali, Keyvan Karimi Galougahi, Tamim Nazif, Akiko Maehara, Mark A. Hardy, David J. Cohen, Lloyd E. Ratner, Michael B. Collins, Jeffrey W. Moses, Ajay J. Kirtane, Gregg W. Stone, Dimitri Karmpaliotis, Martin B. Leon
  • Référence : European Heart Journal (2016), Volume 37, Issue 40, Pp 3090-3095
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Mon commentaire par Pascale Chemaly, Rodrigue Garcia
Rodrigue Garcia
Rodrigue Garcia
Département de cardiologie
CHU de Poitiers
Pascale Chemaly
Pascale Chemaly
Département de Cardiologie
CHU de Tours
GCF

Introduction 

La néphropathie induite par les produits de contraste (-NIPC) augmente la morbidité et la mortalité, avec parfois la nécessité d’avoir recours à une technique de suppléance rénale. Chez les insuffisants rénaux chroniques (-IRC) sévères, l’angioplastie coronaire est moins réalisée car elle est associée à un risque élevé de NIPC. Pourtant ces patients ont une incidence plus élevée de complications liées à l’athérosclérose.

L’objectif de cette étude était de définir une nouvelle technique d’angioplastie coronaire sans administration de produit de contraste chez des patients IRC sévères, et d’en évaluer la faisabilité et la sécurité.

Méthode 

31 patients IRC stade 4 à 5 (débit de filtration glomérulaire < 30ml/min/1.73 m2 estimé en MDRD), ayant une indication de coronarographie pour de l’angor stable ont été successivement inclus dans cette étude monocentrique.

Une coronarographie diagnostique était d’abord réalisée en utilisant des volumes de produit de contraste très faibles. Si une angioplastie était indiquée, elle était réalisée après un délai de sept jours (délai de manifestation de la NIPC). L’angiogramme du premier examen était utilisé pour placer les guides dans l’artère coronaire à dilater et ses branches. Des mesures physiologiques étaient faites (fractional flow reserve, (-FFR), coronary flow reserve (-CFR)), puis une échographie endocoronaire était réalisée avant et après la dilatation. Ceci permettait d’identifier la zone de largage proximale et distale, la bonne expansion du stent, d’éliminer une dissection ou un hématome mural. Une échographie transthoracique pré et post procédure était systématiquement effectuée pour éliminer un épanchement péricardique.          

Résultats

Après un suivi moyen de 79 jours, ni la créatinine (3.7 ; IC95% [3-4.5] ; p=0.69), ni le DFG (18, IC 95% [14-22 ml/min/1.73m2], n’ont augmenté de manière statistiquement significative ; aucun patient n’a nécessité une suppléance rénale. Il n’y avait pas eu de complications cardiovasculaires, incluant la thrombose de stent, l’infarctus du myocarde, la nécessité de réaliser une nouvelle revascularisation, ou le décès.

Une des limitations de cette étude est que la technique requiert l’utilisation d’une échographie endocoronaire et de mesures physiologiques qui ne sont pas réalisées dans tous les centres.

Conclusion

Cette stratégie de revascularisation des coronaires sans injection de produit de contraste peut être utilisée dans des centres expérimentés pour revasculariser sans danger des patients à haut risque avec une IRC sévère.

>>> autres revues de la littérature

 

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