Une athérosclérose infraclinique et une CRP élevée simultanées associées à un risque accru d'infarctus et d'AVC

Publié le mercredi 13 juin 2018
dans

WASHINGTON, 12 juin 2018 (APMnews) - La présence simultanée d'une athérosclérose infraclinique et d'un taux de protéine C-réactive (CRP) élevé est associée à un risque accru d'infarctus et d'accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, indépendamment des facteurs de risque traditionnels, ces 2 critères étant dès lors susceptibles d'améliorer la stratification du risque cardiovasculaire, selon une étude norvégienne publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA).

Près d'un tiers des patients ayant un premier évènement cardiovasculaire sont classés de manière erronée comme étant à faible risque, sur la base des facteurs de risque traditionnels, rappellent Agnethe Eltoft de l'UiT The Arctic University of Norway à Tromsö (Norvège) et ses collègues.

La CRP et l'athérosclérose infraclinique mesurée par échographie carotidienne ont montré leur potentiel pour prédire les futures maladies cardiovasculaires, indépendamment des facteurs de risque traditionnels, dans de précédentes études, mais leur utilité clinique dans la détermination du risque cardiovasculaire n'a pas été établie, soulignent les chercheurs.

Ils ont mesuré ces facteurs chez 10.109 personnes incluses entre 1994 et 2008, et chez qui les nouveaux cas d'AVC ischémique et d'infarctus ont été enregistrés jusqu'au 31 décembre 2013. Les participants ont été répartis dans 3 catégories de niveau de CRP (inférieure à 1 mg/L, entre 1 et 3 mg/L et supérieure à 3 mg/L) et 3 catégories de niveau d'athérosclérose (pas de plaque, aire totale de la plaque carotidienne inférieure ou supérieure à la médiane).

Une CRP supérieure à 3 mg/L était associée à un risque significativement augmenté de 84% d'AVC ischémique et de 46% d'infarctus par rapport à une CRP inférieure à 1 mg/L.

Une aire totale de plaque au-dessus de la médiane était associée à un risque significativement augmenté de 65% d'AVC ischémique et de 64% d'infarctus par rapport à l'absence de plaque.

Ces associations étaient indépendantes des facteurs de risque traditionnels, et si un ajustement en fonction de ces derniers atténuait l'estimation des risques d'AVC et d'infarctus, la CRP et la présence de la plaque carotidienne restaient des facteurs prédictifs significatifs après cet ajustement.

Par ailleurs, chez les participants présentant une plaque carotidienne, l'ajustement en fonction du niveau de CRP atténuait, mais de façon minime, l'estimation du risque cardiovasculaire, suggérant que contrairement à ce qui avait été avancé, la CRP et les plaques ne représentent pas le même facteur de risque sous-jacent -à savoir, des plaques d'athérosclérose instables.

Enfin, les incidences les plus élevées d'infarctus et d'AVC étaient observées chez les participants présentant à la fois une CRP supérieure à 3 mg/L et une aire totale de plaque au-dessus de la médiane.

En outre, un effet synergique de ces 2 facteurs a été observé sur le risque d'AVC ischémique.

"L'aire totale de plaque seule et la combinaison de la CRP et de l'aire totale de plaque ont permis des améliorations, petites mais significatives, de la prédiction du risque au-delà des facteurs de risque de Framingham [score basé sur des facteurs de risque traditionnels], les effets les plus importants étant observés dans le groupe classé à risque intermédiaire avec les facteurs de risque de Framingham", commentent les auteurs.

"L'évaluation combinée de l'athérosclérose infraclinique et des biomarqueurs inflammatoires peut améliorer la stratification du risque de maladie cardiovasculaire", suggèrent-ils.
(JAHA, publication en ligne du 17 mai)

 

Source : APM International

Mots clés: Coronaire Coronaire

Dépêche précédente

Confusion mentale postopératoire : le déclin cognitif revient presque à la normale 1 an après

Dépêche suivante

Les inhibiteurs calciques et les statines pourraient impacter la fertilité masculine

0 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire