Sepsis associé à une fibrillation atriale : la warfarine associée à plus de saignements mais moins de décès

Publié le mercredi 6 décembre 2017
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WASHINGTON, 5 décembre 2017 (APMnews) - Chez les patients ayant une fibrillation atriale pré-existante et traités par l'anticoagulant oral warfarine, la survenue d'un sepsis est associée à une légère augmentation des hémorragies, mais à une baisse de la mortalité, tandis que les évènements thrombo-emboliques restent comparables, par rapport aux patients développant un sepsis mais non traités par anticoagulants oraux, selon une étude danoise et britannique publiée dans le Journal of the American Heart Association (JAHA).

Le sepsis influence le risque hémorragique chez les patients développant ensuite une fibrillation atriale et recevant une anticoagulation, mais on ne dispose pas de données provenant d'études à grande échelle sur les patients atteints de sepsis avec une fibrillation atriale pré-existante et sous traitement anticoagulant continu, soulignent Mette Sogaard de l'hôpital universitaire d'Aalborg (Danemark) et ses collègues.

Ils ont comparé 3.030 patients atteints de fibrillation atriale et sous warfarine au moment du diagnostic de sepsis, à une cohorte de 55.721 patients non traités par warfarine et ne présentant pas de fibrillation atriale -un critère de sélection fixé afin de ne pas obtenir une cohorte comparative sélective concentrant des patients non traités par warfarine car à risque hémorragique accru au départ. L'analyse comparative a été pondérée en fonction d'un score de propension à avoir une fibrillation atriale et être sous warfarine.

Le taux d'hémorragie à 90 jours après le diagnostic de sepsis était légèrement mais significativement plus élevé chez les patients sous warfarine (0,14 pour 100 personnes-années contre 0,12 pour 100 personnes-années), soit un risque relatif augmenté de 19%.

Le taux d'évènement thrombo-embolique était similaire dans les 2 cohortes, bien que marginalement plus élevé sous warfarine (0,04 contre 0,03).

Le risque de mortalité de toute cause était significativement réduit sous warfarine, de 36%.

Les auteurs soulignent qu'en l'absence d'essai randomisé, on ne peut établir si ces résultats sont dus à un effet causal ou non. Etant donné l'absence de recommandations sur la prise en charge d'un sepsis en cas de fibrillation atriale, "cette étude peut justifier un essai randomisé sur l'anticoagulation dans le sepsis sévère accompagné d'une fibrillation atriale, en stratifiant les patients en fonction d'une fibrillation atriale nouvellement diagnostiquée ou prévalente", suggèrent-ils.

(Journal of the American Heart Association, publication en ligne du 9 novembre)

 

Source : APM International

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