Le rôle de l'adiposité abdominale sur le risque cardiométabolique confirmé par une étude génétique

Publié le jeudi 16 février 2017

WASHINGTON, 15 février 2017 (APMnews) - Il existerait bien un lien de causalité entre l'adiposité abdominale et le risque de diabète et de maladie coronaire, selon une étude de randomisation mendélienne parue mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Des études observationnelles ont associé l'adiposité abdominale aux maladies cardiométaboliques mais jusqu'ici le lien de causalité n'avait pas été démontré (cf APM VBNJ8001). Pour le clarifier, Connor Emdin, du Massachusetts General Hospital de Boston, et ses collègues ont utilisé la randomisation mendélienne.

Cette méthode, de plus en plus courue en épidémiologie (cf APM SL7OBL694), permet de limiter le risque que le lien mis en évidence entre une maladie et un facteur donné (ici l'adiposité abdominale) soit le fruit de facteurs confondants ou d'un lien de causalité inverse.

Le score de risque polygénique pour le rapport taille/hanche ajusté à l'indice de masse corporelle (IMC) -une mesure de l'adiposité abdominale- a été construit sur la base de 48 polymorphismes nucléotidiques (SNPs).

Le lien entre ce score et différents facteurs métaboliques a été évalué en exploitant des données combinées provenant de 4 études d'association pangénomique menées de 2007 à 2015 et incluant jusqu'à 322.154 participants ainsi que des données individuelles provenant de la UK Biobank concernant 111.986 personnes -toutes d'origine européenne.

Il en ressort qu'une hausse d'une déviation standard du score de risque génétique d'adiposité abdominale est associée à une hausse, statistiquement significative, de 0,37 g/L du taux de triglycérides, de 0,41 g/L de la glycémie mesurée 2 heures après le repas et de 2,1 mmHg de la pression artérielle systolique.

Le lien entre le score génétique d'adiposité abdominale et le risque de diabète de type 2 et de maladie coronaire a quant à lui été évalué en utilisant les données de 2 autres études d'association pangénomique (DIAGRAM pour le diabète, 149.821 personnes, et CARDIOGRAMplusC4D pour les maladies coronaires, 184.305 personnes) ainsi que les données individuelles de la UK Biobank.

Il en ressort qu'une hausse d'une déviation standard du score de prédisposition à l'adiposité abdominale est associée à une hausse de 77% du risque de diabète de type 2 et de 46% de celui de maladie coronaire.

Le sur-risque de maladie coronaire n'est cependant plus que de 23% après ajustement avec le lien entre ce score et le taux de triglycérides, soulignant l'importance du rôle joué par les triglycérides, notent les auteurs.

Ces résultats renforcent l'idée d'un lien de causalité entre adiposité abdominale et risque de maladies cardiométaboliques, concluent-ils. Pour autant, le fait que l'adiposité abdominale et ces maladies cardiométaboliques soient associées, parce que dépendantes de gènes communs, reste possible, soulignent-ils.

Ces résultats suggèrent aussi que la distribution de la graisse corporelle explique une part de la variabilité du risque de diabète de type 2 et de maladie coronaire pour un IMC donné suivant les populations, ajoutent les auteurs, citant l'exemple des populations d'Asie du Sud, plus à risque à que les occidentaux à IMC équivalent (cf APM FB8NH141G), mais aussi les différences entre les hommes et les femmes.

(JAMA, vol 317 n°6, p626-634)

Source : APM International

Dépêche précédente

Faibles taux de LDL-cholestérol sous alirocumab: pas de risque cognitif mais peut-être de cataracte (méta-analyse)

Dépêche suivante

Les représentants des cardiologues veulent allonger la durée de formation dans leur discipline

0 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire