Revascularisation de la maladie coronaire pluritronculaire chez les diabétiques : mortalité plus basse avec le pontage

Mis à jour le jeudi 1 mars 2018
dans

LONDRES, 26 février 2018 (APMnews) - Le pontage coronaire est préférable à la revascularisation percutanée avec pose de stent chez les patients présentant une maladie coronaire pluritronculaire qui sont par ailleurs diabétiques ou ont un score de complexité des lésions élevé, selon une méta-analyse publiée par le Lancet.

De nombreuses études ont comparé le pontage coronaire et l'intervention coronaire percutanée chez les patients ayant une maladie pluritronculaire ou une lésion du tronc commun. Elles ont globalement été à l'avantage du pontage en termes de risque de nouvelle revascularisation -la différence diminuant avec les stents actifs les plus récents-, mais la mortalité était similaire avec les deux traitements. Toutefois, ces essais n'avaient pas de puissance suffisante pouvoir détecter une différence statistiquement significative.

C'est pourquoi Stuart Head de l'université de Rotterdam et ses collègues ont conduit une méta-analyse, regroupant 11 essais randomisés sur un total de 11.518 patients. Le critère était la mortalité toutes causes à 5 ans.

Une analyse de l'ensemble des patients a montré une mortalité moins élevée avec le pontage coronaire. Mais une analyse par sous-groupes de patients a fait apparaître des différences.

Ainsi, parmi les patients présentant une maladie pluritronculaire, chez ceux qui étaient diabétiques, la mortalité à 5 ans s'élevait à 10% chez les patients traités par pontage coronaire, alors qu'elle montait à 15,5% chez ceux ayant eu une pose de stent.

En revanche, chez les malades pluritronculaires sans diabète, il n'y avait pas de différence de mortalité entre les deux modes de revascularisation.

Cet avantage spécifique aux diabétiques pourrait être lié au fait que ces patients présentent souvent des lésions plus diffuses et plus complexes.

Par ailleurs, le score SYNTAX de complexité des lésions avait aussi son importance chez les malades pluritronculaires. Alors qu'avec un score SYNTAX de 0 à 22, il n'y avait pas de différence significative entre les deux techniques, en cas de score plus élevé, la mortalité était plus basse avec le pontage: 9,5% contre 14% avec les stents pour un score de 22 à 32, et 10,9% contre 17,7% pour un score de 3 ou plus.

En revanche, chez les patients traités pour une lésion du tronc commun, il n'y avait aucune différence entre le pontage et les stents, que les patients soient diabétiques ou non, et quel que soit le score SYNTAX.

(The Lancet, publication en ligne du 22 février)

Source :APM International

Dépêche précédente

L'hypertension liée à la grossesse est associée à une pression systolique plus élevée chez l'enfant

Dépêche suivante

Risque de goutte chez les diabétiques divisé par deux avec le fénofibrate

0 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire