Les bénéfices de la marche annihilés par la pollution atmosphérique

Publié le lundi 11 décembre 2017
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LONDRES, 7 décembre 2017 (APMnews) - Une exposition de quelques heures à une atmosphère polluée est suffisante pour entraver les bénéfices cardiopulmonaires de la marche, qu'il s'agisse de personnes souffrant de maladies respiratoires et cardiaques ou en bonne santé, indique une étude publiée mardi dans The Lancet.

La pollution atmosphérique a été associée à une augmentation du nombre de morts prématurées, causées principalement par des cardiopathies ischémiques et des bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO). De plus, les particules fines et le dioxyde d'azote (NO2) émis par les véhicules motorisés ont été associés à des événements cardiovasculaires et respiratoires délétères, et l'exposition à long terme à cette pollution augmenterait la vitesse de déclin des fonctions pulmonaires chez les personnes âgées ou atteintes de BPCO, rappellent Rudy Sinharay de l'Imperial College à Londres et ses collègues.

L'idée à l'origine de cette étude randomisée et croisée était de savoir si, chez les personnes âgées, marcher dans une rue fortement polluée avait des répercussions respiratoires et cardiovasculaires différentes d'une marche dans un lieu moins pollué.

L'expérience a été menée sur 119 sujets âgés de 60 ans et plus, dont 40 souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive, 39 atteints d'une cardiopathie ischémique et 40 en bonne santé. A la demande des auteurs, les sujets se sont tous abstenus de fumer pendant au moins 12 mois.

Les chercheurs ont alors sélectionné deux types de lieux à Londres: d'un côté Oxford Street, une des principales rues commerçantes du centre-ville sur laquelle les bus et taxis circulent, et de l'autre, Hyde Park, le plus grand parc arboré de la capitale britannique. Les sujets y ont parcouru une distance moyenne de près de 5 km pendant une durée de 2 heures.

Les taux mesurés de certains indicateurs de pollution comme le carbone, le dioxyde d'azote et les particules fines (inférieures à égales à 10 µm -PM10-, 2,5 µm -PM2.5- et 0,1 µm -particules ultrafines) étaient significativement plus importants au niveau d'Oxford Street que dans Hyde Park.

Le fait de marcher dans l'environnement pollué d'Oxford Street a induit une augmentation significative des problèmes respiratoires comme la toux chez les patients souffrant de maladie chronique par rapport à ce qui était observé après la balade dans Hyde Park. Le risque était doublé pour les patients atteints de BPCO et quadruplé pour ceux atteints de cardiopathie ischémique. D'autres problèmes respiratoires étaient exacerbés chez les patients atteints de BPCO (respiration sifflante, souffle court, etc.).

En revanche, la respiration des sujets en bonne santé n'était pas affectée par la pollution.

Pour l'ensemble des participants, marcher dans Hyde Park a permis d'augmenter les fonctions pulmonaires (volume expiratoire maximal à la première seconde d'expiration forcée et capacité vitale forcée) et, sur le plan cardiaque, de diminuer la rigidité artérielle. Ces effets ont été observés jusqu'à 26 heures après la marche. A l'inverse, ces paramètres étaient négativement régulés par une marche dans l'environnement pollué d'Oxford Street.

Chez les patients souffrant de BPCO, la diminution des fonctions pulmonaires était associée à une exposition augmentée au dioxyde d'azote, aux particules ultrafines et aux PM2.5, tandis que la rigidité artérielle était associée à une exposition augmentée au dioxyde d'azote et aux particules ultrafines.

Chez les sujets en bonne santé, l'exposition au carbone et aux particules ultrafines était associée à une rigidité artérielle.

Au vu de ces résultats, qui pointent les effets délétères de la pollution atmosphérique sur la santé cardiopulmonaire, les auteurs demandent à ce que des "mesures politiques soient mises en place pour contrôler les niveaux de pollution dans l'air ambiant à proximité des rues passantes".

(The Lancet, publication en ligne du 5 décembre)

Source : APM International

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