L’édoxaban efficace contre la thrombo-embolie veineuse chez les patients cancéreux

Publié le mercredi 13 décembre 2017
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ATLANTA, 12 décembre 2017 (APMnews) - L'anticoagulant oral direct (AOD) édoxaban (Lixiana*, Daiichi Saankyo) s’est montré comparable à une héparine de bas poids moléculaire (HBPM) en traitement de patients cancéreux ayant un événement thrombo-embolique veineux, en termes de prévention des récidives et d’événement hémorragique, dans une étude randomisée dont les résultats sont présentés mardi lors de la session "Late breaking abstracts", qui clôt le congrès de l’American Society of Hematology (ASH) à Atlanta.

(Par François BOISSIER, au congrès de l'ASH)

Il s’agit de la 2ème étude présentée à l’ASH 2017 montrant la faisabilité de remplacer le traitement standard de la thrombo-embolie veineuse associée au cancer par HBPM par un AOD, après l’étude SELECT-D, présentée quelques jours plus tôt (cf dépêche du 11/12/2017 à 02:00). Les 2 études donnent des résultats comparables, qui confortent l’intérêt des AOD dans cette indication.

Gary Raskob de l’université de l’Oklahoma a rappelé durant une conférence de presse que les HBPM sont efficaces mais présentent l’inconvénient de devoir être injectées en sous-cutané. Ce qui peut paraître simple mais ne l’est pas pour de nombreux patients, souvent âgés, sans compter la douleur associée à l'injection. Les AOD ont donc l’avantage de la prise orale.

L’étude Hokusai VTE-Cancer a inclus 1.046 patients cancéreux ayant eu un événement thrombo-embolique. Ils ont été randomisés entre 5 jours d’HBPM suivi d’édoxaban, ou l’HBPM daltéparine. Dans les 2 bras, le traitement devait durer au moins 6 mois et pouvait être prolongé jusqu’à un an.

Afin de prendre en compte à la fois l’efficacité de 2 anticoagulants en termes de prévention du risque thrombotique et le risque hémorragique potentiel de ces médicaments, le critère principal de l’étude incluait à la fois la première récidive thrombo-embolique et les saignements majeurs.

Sur ce critère double, les 2 traitements ont donné un résultat similaire, avec 12,8% d’événénements dans le groupe édoxaban contre 13,5% dans le groupe daltéparine. Dans une analyse per-protocol, le résultat était similaire dans les 2 groupes (10,4% et 10,4%). La non-infériorité de l’édoxaban par rappport au traitement de référence était donc démontrée.
Plus précisément, pour les seuls événements thrombo-emboliques, le risque était plus bas avec l’AOD: 6,5% contre 10,3%. Les 2 traitements avaient une efficacité initiale identique et la différence entre les deux apparaissait après 90 jours de traitement, a indiqué Gary Raskob.

Plus de saignements de grade 2

En revanche, il y avait plus de saignements majeurs: 6,3% avec l’AOD contre 3,2% avec l’HBPM.

Toutefois, Gary Raskob a cherché à minimiser ce résultat plus défavorable en appliquant une gradation de la sévérité de ces saignements majeurs. Il a ainsi pu montrer que les saignements de grade 3-4 étaient en nombre identique pour les 2 traitements, et seuls les saignements de grade 2, moins graves, étaient plus nombreux avec l’édoxaban.

A noter qu'il y avait plus de saignements digestifs avec l'édoxaban, principalement chez les patients présentant un cancer digestif. Ces patients pourraient donc préférentiellement continuer à avoir une HBPM plutôt qu'un AOD.

La survie sans événement (sans décès, thrombo-embolie ou saignement) était identique dans les 2 groupes, à 56% à un an.

Interrogé sur les différences entre les 2 études présentées à l'ASH sur des AOD chez les patients cancéreux, le chercheur a estimé que, globalement, il y avait "plus de similitudes que de différences". Les deux montrent en effet un risque thrombo-embolique diminué et un risque de saignements modérés augmenté, note-t-on.

Les AOD, avec leur avantage en termes d'administration, pourraient donc à l'avenir remplacer les HBPM dans cette indication... du moins si l'on fait abstraction des questions de prix.

 

Source : APM International

Mots clés: Médicament Médicament , Thrombose Thrombose

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