Infarctus et choc cardiogénique : ne revasculariser que la lésion touchée

Publié le jeudi 2 novembre 2017

DENVER (Colorado), 31 octobre 2017 (APMnews) - Lors d'un choc cardiogénique chez un patient ayant un infarctus aigu du myocarde, il est préférable de ne revasculariser que la lésion touchée, les résultats étant meilleurs que si l'on veut revasculariser toutes les lésions coronaires, selon une étude présentée lundi en session "late breaking" au congrès de cardiologie interventionnelle TCT à Denver.

L'étude est également publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

"Le choc cardiogénique durant un infarctus est une complication relativement rare mais extrêmement dangereuse, car le coeur n'est plus capable de pomper suffisamment de sang pour satisfaire les besoins de l'organisme", rappelle Holger Thiele du Centre cardiologique de Leipzig (Allemagne), premier auteur de l'étude, dans un communiqué.

La mortalité peut être diminuée par une procédure interventionnelle précoce afin de rétablir le flux sanguin. Dans la mesure où la majorité des patients présentent d'autres lésions en plus de la lésion dans laquelle s'est formé le caillot, il est fréquent que les cardiologues revascularisent l'ensemble des lésions, dans le but d'améliorer la perfusion cardiaque. C'est proposé par les recommandations européennes. Mais le bénéfice de cette stratégie n'était pas prouvé.

C'est pourquoi l'étude CULPRIT-SHOCK a été lancée. Elle a comparé, chez 706 patients présentant un infarctus compliqué de choc cardiogénique, la revascularisation immédiate de la seule lésion touchée ou une revascularisation de toutes les lésions.

Le risque de décès ou insuffisance rénale sévère à 30 jours s'est avéré plus élevé chez les patients ayant eu une revascularisation multiple: 55,4%, contre 45,9% avec la seule revascularisation de la lésion liée à l'infarctus.

Il y avait principalement une différence de risque de décès : 51,6% comparé à 43,3%. La revascularisation de la seule lésion touchée diminuait ainsi la mortalité de 16%.

Pour les insuffisances rénales, il y avait une tendance favorable (11,6% en cas de revascularisation d'une seule lésion et 16,4% pour la revascularisation multiple) mais qui n'atteignait pas la significativité statistique.

Les chercheurs font l'hypothèse que le moins bon résultat obtenu par la revascularisation multiple pourrait être lié à une utilisation plus importante de produit de contraste et/ou une durée plus longue d'intervention qui pourrait avoir été délétère chez ces patients à l'hémodynamique altérée.

(NEJM, publication en ligne du 30 octobre)

Source : APM International

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