Il est trop tôt pour recommander des traitements anti-inflammatoires dans la prévention cardiovasculaire (Société européenne de cardiologie)

Mis à jour le jeudi 17 mai 2018
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SOPHIA-ANTIPOLIS (Alpes-Maritimes), 15 mai 2018 (APMnews) - L'utilisation de médicaments ayant des effets sur l'inflammation pourrait constituer une nouvelle voie d'avenir en prévention cardiovasculaire, mais il est encore trop tôt pour les recommander et d'autres études cliniques sont nécessaires, estime la Société européenne de cardiologie (ESC) dans une prise de position publiée par l'European Journal of Preventive Medicine.

Rédigé par le groupe de travail de l'ESC sur l'athérosclérose et la biologie vasculaire, ce statement a été élaboré en réaction à la présentation au dernier congrès de l'ESC à Barcelone en août 2017 de l'étude CANTOS (cf dépêche du 28/08/2017 à 08:22).

Cette étude a évalué l'anticorps monoclonal canakinumab (Ilaris*, Novartis), un médicament actuellement utilisé en rhumatologie qui cible l'interleukine-1bêta, chez des patients ayant un antécédent d'infarctus et dont le taux de CRP, marqueur de l'inflammation systémique, était élevé. Chez ces patients qui étaient par ailleurs traités par statine et par d'autres traitements de prévention secondaire, une réduction de 15% des évènements cardiovasculaires majeurs a été obtenue avec l'anti-IL-1.

"Nous sommes au seuil d'une nouvelle ère en prévention des maladies cardiovasculaires", se félicite Jose Tunon de l'University Hospital Funcacion à Madrid, premier auteur de ce texte, dans un communiqué de l'ESC. Mais il faut "plus de preuves" que cette nouvelle voie potentielle de prévention est valide.

A ce stade, la prévention cardiovasculaire continue de passer d'abord par un mode de vie sain (pas de tabagisme, vie suffisamment active et régime alimentaire sain) et ensuite par les médicaments hypolipémiants et antithrombotiques, qui ont largement prouvé leur intérêt.

Les études que les spécialistes appellent de leurs voeux devront non seulement confirmer les résultats de l'étude CANTOS, mais aussi montrer si d'autres types de molécules qu'un anticorps -par exemple des ARN interférents- seraient aussi efficaces, et si en ciblant d'autres médiateurs de l'inflammation on pourrait aussi diminuer le risque d'événement cardiovasculaire.

Il est également rappelé dans le communiqué de l'ESC que le canakinumab a montré un intérêt pour le moment uniquement chez des patients dont le niveau d'inflammation systémique était élevé, alors que les hypocholestérolémiants de la classe des statines agissent quel que soit le niveau d'inflammation.

"Les anti-inflammatoires ne remplaceront pas les hypolipémiants mais semblent prêts à devenir des traitements complémentaires chez les patients ayant de l'athérosclérose", conclut Jose Tunon.

Source : APM International

Mots clés: Médicament Médicament , Prévention Prévention

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