Hypercholestérolémies: l'ARN anti-PCSK9 inclisiran pourrait être administré à un rythme semestriel

Publié le mercredi 30 août 2017

(Par François BOISSIER, au congrès de l'ESC)

BARCELONE, 30 août 2017 (APMnews) - De nouvelles données de suivi sur l'utilisation de l'ARN interférent anti-PCSK9 inclisiran en traitement de l'hypercholestérolémie, dans l'étude ORION-1, ont été présentées lundi au congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) à Barcelone, et suggèrent que le produit pourrait être administré une fois tous les 6 mois.

Des premiers résultats de cette étude de phase II avec un suivi de 6 mois ont été publiés au printemps dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

Ray Kausik de l'Imperial College à Londres a présenté le suivi à un an, qui a notamment permis de comparer la durée d'efficacité selon que les patients avaient reçu une seule injection ou 2 injections espacées de 3 mois, et de déterminer ce qui serait la meilleure fréquence d'injection.

L'inclisiran, développé par The Medicines Company et Alnylam, cible PCSK9, comme les anticorps monoclonaux alirocumab (Praluent*, Sanofi/Regeneron) et évolocumab (Repatha*, Amgen). Mais il agit par un tout autre mécanisme, directement en bloquant l'expression du gène PCSK9, rappelle-t-on.

Le chercheur britannique a rappelé que ces anticorps nécessitent 12 à 26 injections par an, mettant ainsi en avant l'avantage de l'ARN interférent en termes de fréquence d'injection.

Dans ORION-1, 501 patients à haut risque cardiovasculaire, ayant un LDL-cholestérol supérieur à 0,7 g/l en cas d'antécédent de maladie cardiovasculaire ou supérieur à 1 g/l en l'absence d'antécédent, déjà sous statine, ont été randomisés entre une seule injection de placebo ou de 3 doses différentes d'inclisiran, ou deux injections à 90 jours d'intervalle.

Une seule injection d'inclisiran a induit une baisse du taux de LDL-cholestérol qui atteignait 50,9% à 2 mois. L'effet a diminué ensuite: à 6 mois, la baisse de LDL-C était de 38,6% et à un an, elle n'était plus que de 19%.

Avec 2 doses espacées de 3 mois, cela permettait de maintenir à 52,5% la baisse de LDL-C à 6 mois, et à un an elle était encore de 31,4%. Et cela diminuait la variabilité d'effet entre patients et améliorait la prédictibilité des résultats.

Le chercheur a indiqué que pour les études de phase III, un schéma avait été choisi sur les bases de l'étude ORION-1. Les patients reçoivent 2 injections séparées de 3 mois, puis une injection tous les 6 mois. Cela devrait permettre de maintenir de façon stable une baisse de LDL-C d'environ 50%.

Plusieurs études sont en cours: ORION-10 et 11 chez des patients présentant une maladie cardiovasculaire, ORION-9 dans l'hypercholestérolémie familiale hétérozygote et ORION-5 chez les homozygotes. L'étude de morbimortalité ORION-4 chez des patients présentant une maladie cardiovasculaire et à haut risque est en préparation.

Source : APM International

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