Échec du sildénafil en traitement de l'HTAP résiduelle après correction d'une valvulopathie

Publié le mercredi 30 août 2017

(Par François BOISSIER, au congrès de l'ESC)

BARCELONE, 30 août 2017 (APMnews) - Le sildénafil ne devrait pas être donné aux patients qui présentent une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) résiduelle après avoir eu une intervention pour traiter une valvulopathie, car cela augmente leur risque d'aggravation de leur insuffisance cardiaque.

Ce résultat est issu de l'étude espagnole SIOVAC présentée lundi au congrès de la Société européenne de cardiologie (ESC) à Barcelone, dont l'objectif était de montrer l'intérêt du sildénafil dans cette indication et qui a finalement montré sa dangerosité.

Javier Bermejo de l'hôpital universitaire de Madrid a rappelé que les valvulopathies mitrale et aortique constituent une cause fréquente d'HTAP. Après une correction chirurgicale ou par voie percutanée de ces valvulopathies, on observe une régression de l'HTAP, mais qui est souvent incomplète, et si elle progresse, elle devient non traitable et augmente le risque de mortalité et d'incapacité.

Des études ont suggéré l'intérêt des inhibiteurs de la PDE-5 comme le sildénafil, mais les résultats étaient contradictoires selon les essais. L'étude SIOVAC a été lancée pour clarifier cette question.

Les chercheurs espagnols ont inclus 200 patients présentant une HTAP résiduelle plus d'un an après une correction valvulaire qui ont été randomisés entre le sildénafil et un placebo.

Contrairement à ce qu'espéraient les auteurs, le sildénafil a été associé à une plus grande proportion de patients présentant une aggravation (décès, hospitalisation pour insuffisance cardiaque, aggravation de la classe NYHA, détérioration de l'évaluation de son état par le patient). C'était le cas de 32% des patients, contre seulement 15% de ceux sous placebo.

Et une plus petite proportion de patients sous sildénafil se sont améliorés (amélioration de la classe NYHA ou de l'évaluation de son état par le patient): 26% contre 47% avec le placebo. En particulier, le risque d'hospitalisation a augmenté avec la prise de sildénafil. Cet effet défavorable pourrait être lié à l'augmentation des volumes télésystolique et télédiastolique induite par l'inhibiteur de PDE-5, a noté Javier Bermejo.

"L'utilisation hors AMM [autorisation de mise sur le marché] du sildénafil dans l'HTAP post-correction valvulaire devrait être déconseillée", a conclu le chercheur.

Source : APM International

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