Diabète type 2: les événements cardiovasculaires diminués de 9%, non significativement, par l'exénatide hebdomadaire

Mis à jour le vendredi 22 septembre 2017
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LISBONNE, 15 septembre 2017 (APMnews) - L'antidiabétique exénatide à injection hebdomadaire (Bydureon*, AstraZeneca) a démontré sa sécurité d'emploi et a diminué de 9% le risque d'événement cardiovasculaire majeur, mais sans que cela soit statistiquement significatif, dans la grande étude EXSCEL dont les résultats ont été présentés jeudi au congrès de l'European Association for the Study of Diabetes (EASD) à Lisbonne, et sont publiés par le New England Journal of Medicine (NEJM).

Ces résultats sont rassurants pour l'exénatide dans la mesure où ils ne montrent pas d'élévation de risque, notamment d'insuffisance cardiaque, de pancréatite ou cancer du pancréas, mais peuvent être considérés comme décevants pour ce produit dans la mesure où, contrairement au liraglutide (Victoza*, Novo Nordisk) dans l'étude LEADER et au sémaglutide dans SUSTAIN-6 (de plus petite taille), il n'arrive pas à diminuer significativement le risque cardiovasculaire.

Dans EXSCEL, 14.752 patients, dont 73,1% ayant déjà une maladie cardiovasculaire, ont été randomisés entre l'exénatide hebdomadaire et un placebo, durant une médiane de 3,2 ans.

Le risque de décès de cause cardiovasculaire, infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral (AVC) s'est élevé à 11,4% avec l'exénatide et 12,2% avec le placebo, soit une baisse non significative de 9%.

Ainsi, l'exénatide a démontré sa sécurité d'emploi en termes de risque cardiovasculaire puisqu'il n'y avait pas d'augmentation de risque. En revanche, la supériorité sur le placebo n'a pas pu être démontrée.

De façon plus détaillée, il y avait des baisses non significatives de 12% des décès cardiovasculaires et de 15% des AVC et pas de baisse des infarctus. De plus, le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque n'était pas modifié.

Les auteurs ont noté une diminution de 14% des décès toutes causes (6,9% contre 7,9%), dont la significativité statistique n'a pas été calculée en raison de la hiérarchisation des analyses statistiques (la supériorité n'ayant pu être démontrée pour le critère primaire, l'analyse n'allait pas plus loin).

Les risques de pancréatite, cancer du pancréas, cancer de la thyroïde et de tous les cancers n'étaient pas différents entre les 2 groupes.

Le risque d'hypoglycémie sévère était similaire dans les 2 groupes.

Parmi toutes les études de grande taille sur l'effet cardiovasculaire des antidiabétiques, certaines ont montré une neutralité et d'autre un bénéfice de la molécule étudiée. Au sein même de la classe des analogue du GLP-1, le liraglutide et le sémaglutide ont montré un bénéfice alors que le lixisénatide (Lyxumia*, Sanofi) et maintenant l'exénatide ont eu un résultat neutre.

Pour expliquer la différence entre les résultats de l'exénatide et du liraglutide, Rury Holman du Diabetes Trial Unit à Oxford et ses collègues font plusieurs hypothèses. Ils invoquent une durée d'étude un peu plus courte pour EXSCEL: 3,2 ans contre 3,8 ans dans LEADER. L'HbA1c au départ était moins élevée dans EXSCEL: 8% comparé à 8,7%. Le taux d'arrêt de traitement a été plus élevé avec l'exénatide.

Ils notent aussi que dans le groupe placebo de l'étude EXSCEL, les patients ont souvent reçu des inhibiteurs du SGLT2 et des GLP-1 connus pour diminuer le risque cardiovasculaire, et de ce fait le groupe placebo a eu un risque moindre que prévu.

Enfin, "les 4 agonistes du récepteur du GLP-1 évalués jusqu'à présent pourraient ne pas être tous bio-équivalents".(NEJM, publication en ligne du 14 septembre)

Source : APM International

Mots clés: Médicament Médicament

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