Des variants du gène codant l'apolipoprotéine (a) associés au risque cardiovasculaire résiduel sous statine

Publié le mardi 15 mai 2018
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WASHINGTON, 14 mai 2018 (APMnews) - Des variants du gène LPA codant l'apolipoprotéine (a) sont associés à un sur-risque d'évènements coronaires malgré le traitement par statine, indépendamment du niveau d'abaissement du LDL-cholestérol, montre une étude américaine et japonaise publiée dans Circulation.

Malgré le bénéfice des statines sur les taux de LDL-cholestérol et l'incidence des évènements coronaires, il existe une importante variabilité de réponse interindividuelle en termes de LDL-cholestérol aux statines, et un risque coronaire résiduel persiste malgré le traitement, rappellent Wei-Qi Wei du Vanderbilt University Medical Center à Nashville (Tennessee) et ses collègues. Il a été suggéré que des facteurs génétiques contribuaient à cette variabilité.

Les chercheurs ont réalisé une étude d'association pangénomique des évènements coronaires sous statine. Ils ont analysé 3.099 patients ayant eu des évènements coronaires (infarctus ou revascularisation coronaire) au cours d'un traitement par statine, et 7.681 contrôles sans évènements coronaires au cours d'un traitement par statine d'intensité et de durée comparables aux cas. Ils ont ensuite répliqué leur recherche sur 160 cas et 1.112 contrôles différents des premiers.

Ils ont identifié 7 polymorphismes mononucléotidiques au sein du gène LPA/PLG associés aux évènements coronaires sous statine. Le gène LPA code l'apolipoprotéine (a) qui, en se liant à l'apoprotéine B sur une particule LDL, forme la lipoprotéine (a) (Lp(a)).

L'association la plus significative a été observée pour l'allèle rs10455872, avec un risque relatif d'évènement coronaire sous statine augmenté de 58%. Au sein de la cohorte de réplication, le risque relatif associé à ce variant était significativement augmenté de 71%.

L'association entre ce variant et les évènements coronaires était indépendante de la baisse du LDL-cholestérol induite par le traitement par statine.

Cette association persistait en outre chez les patients parvenant à un taux de LDL-cholestérol inférieur ou égal à 0,7 g/L, le risque relatif d'évènement coronaire chez ces patients étant multiplié par 2,34 en cas de présence du variant génétique, tandis que chez les patients ayant un LDL-cholestérol supérieur à 0,7 g/L, le variant était associé à une augmentation du risque de moindre ampleur, de 42%.

"Etant donné l'association connue du rs10455872 avec les niveaux circulants de Lp(a), ces données suggèrent un rôle causal de la Lp(a) dans le risque résiduel de maladie coronaire chez les personnes sous statine", commentent les auteurs.

"Ces résultats apportent des arguments pour explorer des stratégies ciblant les concentrations de Lp(a) circulante pour réduire les évènements coronaires chez les patients recevant des statines", concluent-ils.

(Circulation, publication en ligne du 27 avril)

Source : APM International

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