BPCO : les bronchodilatateurs augmentent de 50% le risque cardiovasculaire dans le premier mois de traitement

Publié le vendredi 12 janvier 2018
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WASHINGTON, 10 janvier 2018 (APMnews) - Les 2 classes de médicaments bronchodilatateurs utilisés dans le traitement de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sont associées à une élévation de 50% du risque de complication cardiovasculaire durant le premier mois de traitement, selon une étude pharmaco-épidémiologique de grande taille publiée par le JAMA Internal Medicine.

Cela suggère que les médecins devraient "surveiller de près les nouveaux utilisateurs" de ces médicaments afin de détecter rapidement des symptômes cardiovasculaires, concluent Meng-Ting Wang du National Defense Medical Center à Taïwan et ses collègues.

La question d'une élévation du risque cardiovasculaire avec les agonistes 946-2 de longue durée d'action et les antagonistes muscariniques de longue durée d'action est débattue depuis longtemps, certaines études montrant une élévation de risque et d'autres non, rappellent les chercheurs. Mais selon eux, ces études présentaient des défauts méthodologiques, notamment dans la sélection des patients.

Dans leur étude ils se sont intéressés en particulier aux nouveaux utilisateurs et au délai entre le début du traitement et la survenue d'un événement.

Au sein d'une cohorte de 284.220 patients souffrant de BPCO, ils ont comparé les 37.719 qui ont eu un événement cardiovasculaire (événement coronaire, insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral, arythmie) durant les 2 ans de suivi et les 146.139 qui n'ont pas eu d'événement cardiovasculaire.

Ils ont constaté que le risque de ces complications était augmenté de 50% dans les 30 jours suivant l'initiation d'un agoniste 946-2 de longue durée d'action et de 52% dans les 30 jours suivant l'initiation d'un antagoniste muscarinique de longue durée d'action.

Il n'y avait plus de risque après 30 jours.

Les chercheurs n'ont pas mis en évidence de risque lié à un médicament particulier, à un dosage ou à la prise concomitante d'autres traitements.

Les auteurs estiment que les résultats contradictoires des études antérieures pourraient être liés au fait qu'aucune ne s'était intéressée à un délai entre le début du traitement et la survenue d'événements aussi réduit que 30 jours.

Quant au mécanisme biologique pouvant expliquer cette augmentation de risque précoce, ils suggèrent que cela serait lié à une action sur le système nerveux autonome, par suractivation sympathique pour les agonistes 946-2 et par suppression parasympathique pour les anticholinergiques. Ces médicaments pourraient aussi augmenter l'inflammation, comme le montre une élévation de l'interleukine-8, notent-ils.

(JAMA Internal Medicine, publication en ligne du 2 janvier)

 

Source : APM International

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